‹ L'Espagne sous les rois de la maison de Bourbon (volume 2)Chapitre 36 sur 89 · CHAPITRE ADDITIONNEL · texte numérisé non relu

CHAPITRE ADDITIONNEL

que les Mauresques les avaient exercées. Les étrangers en profitèrent. Ils remplacèrent les Mauresques , dit Moncada, et les Espagnols négligeant d'apprendre les arts industriels, ils leur fournirent des marchandises de meilleure qualité et à plus bas prix que les leurs. Une suite naturelle de ces fausses idées et des préjugés des Espagnols fut que les capitaux , et la perception de l'impôt, passèrent aussi entre les mains des étrangers. Aux abus et aux vexations de ce mode d'administration financière , il fallut encore ajouter la certitude d'appauvrir le peuple, pour enrichir les autres villes commerçantes de l'Europe. Lors de la guerre de la succession, les Espagnols furent enfin forcés d'entrer dans toute sorte d'affaires et d'entreprises; des maisons considérables furent formées à Madrid et dans les provinces; entre autres avantages, elles procurèrent au pays celui de retenir gen Espagne les capitaux qui allaient naguère enrichir une terre étrangère. La circulation et les échanges augmentèrent. Les préjugés contre l'industrie et le commerce commencèrent à se dissiper ('). Pour payer à l'Autriche les subsides convenus par les stipulations de Vienne en 1725, des riches capitalistes de Madrid prêtèrent de l'argent au gouvernement à un intérêt de 6 pour 100.

Il faut bien faire honneur de l'impulsion bien-

( ') Cam pomakks . Appendice.

55a Philippe v.

faisante donnée à l'industrie par le gouvernement de Philippe, à Orry d'abord, puis à Riperda. Ce Hollandais habile, autant qu'ambitieux et remuant, se fit de ses connaissances économiques et industrielles, un moyen d'avancement. Il parut travailler avec zèle pour la cause publique, tout en n'ayant d'autre but peut-être que l'accomplissement de ses vues personnelles. Ce fut lui qui contribua à relever les manufactures sous le ministère d'Alberoni. Après le renvoi de ces deux ministres, Patiho, Campillo et Ensenada signalèrent leurs diverses administrations par des mesures plus ou moins favorables à l'industrie. Des hommes éclairés, tels que Zavala, Uztariz et Ulloa, rendirent de grands services par leurs écrits, en répandant des connaissances utiles dans cette partie. A la vérité , on laissait beaucoup à désirer, soit dans les traités de ces économistes, soit dans les ordonnances publiées suf l'industrie et le commerce. Les premiers ne contenaient qu'un nombre peu étendu de notions et de principes. La science n'avait pas encore fait les progrès qui l'ont illustrée depuis. A ne considérer les ouvrages de ces écrivains que comme des traités didactiques d'économie, ils auraient pu embrasser beaucoup d'autres objets qui y furent négligés ou qu'on n'osa peut-être pas aborder. Toutefois, on y litd'excellens conseils pour l'amélioration de l'industrie nationale. Uztariz surtout,

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