CHAPITRE ADDITIONNEL
millions qui passaient auparavant à l'étranger.
Ce fut là la marche que suivit constamment le gouvernement depuis que la guerre de la succession fut terminée, pour protéger toute fabrication de soie ou de drap faite en Espagne. Le 10 novembre 1720, parut l'ordonnance suivante :
« Ayant appris que les fabriques de soie et autres étoffes à Valence, Grenade, Tolède et Sarragosse, et celle de draps fins, moyens et ordinaires à Ségovie, Guadajalara, Vâldemoro, Sarragosse, Texil* Bejar et autres, se trouvent en état de pouvoir fournir à la consommation du royaume, persuadé qu'il importe à la prospérité de mon peuple de protéger ces manufactures, j'ai jugé convenable d'ordonner que tous mes sujets, sans aucune exception, n'importe leur état et conklition, ne pourront porter désormais que des dnros et des étoffes de soie fabriqués en Espagne. Ceux qui ont des habits ou des meubles de fabrique étrangère , auront six mois , à compter de la date de cette ordonnance, pour s'en défaire, passé lesquels ils encourront les peines déterminées parles lois.
Signé Yo el Rey.
Contresigné Vjlla-Campa.
Avant la publication de cette ordonnance , on avait défendu, le 20 juillet 1 7 1 8, l'entrée en Espagne des étoffes et tissus de la Chine, et d'autres parties deTAsie. lie 20 septembre de la même année,
un décret qui confirmait le précédent, établissait des peines corporelles très graves contre les délinquans. On ordonnait aux vice-rois de la Nouvelle- Espagne de tenir la main à l'exécution de ce décret et d'expédier les ordres convenables pour que dans la Nao d'Acapulco, arrivant chaque année des Philippines , il ne fut pas permis de recevoir des étoffes ni des tissus de la Chine ; on prescrivait également de brûler impitoyablement au bout des six mois fixés par l'ordonnance tous les effets de cette nature, sur quoi on recommandait au viceroi la plus grande sévérité.
Mais, quel que fut l'effet de ces mesures, on ne pouvait pas compter sur leur fidèle exécution , tant que la meilleure qualité des étoffes ou le plus bas prix de celles de l'étranger les rendraient préférables aux objets fabriqués en Espagn^ Il fallut songer à employer les mêmes procédé^e fabrication pour arriver aux mêmes résultats. On chercha, pour atteindre ce but, à attirer des manufacturiers étrangers en Espagne. Le roi fit venir des ouvriers d'autres pays à ses frais. Par une circulaire du 12 décembre 1718, communiquée aux capitaines-généraux et aux intendans de province, on leur recommandait de bien traiter les étrangers qui arriveraient en Espagne, en prévenant, à l'égard de ceux qui pourraient être employés dans quelque branche d'industrie , de les envoyer dans des villes où il y aurait des manu-