CHAPITRE ADDITIONNEL
quefois plus forts que ceux de Xalcabala et dé cientos.
Les écrivains éclairés que nous Tenons de citer cherchaient à inspirer de la hardiesse au gouvernement, et lui présentaient de puissantes considérations pour le décider à lever les entraves qui gênaient l'industrie. « Voyez, lui disaient-ils, les conséquences heureuses des franchises accordées au royaume de Valence : profitez du résultat de cet essai pour appliquer le même affranchissement à toutes les autres parties de la Péninsule. » En effet, il y avait autrefois entre la Castille et Valence des ports appelés secos (secs), où Ton percevait 1 6 pour i oo à la douane , et il existait encore beaucoup d'autres droits imposés sur les denrées à leur entrée ou leur sortie de cette province. Il suffit de la suppression de ces droits ordonnée par Philippe V pour que le pain et la viande y devinssent abondans et à bon compte. La libre extraction du riz, des fruits et des étoffes pour la Castille et X Andalousie, augmenta aussi considérablement le nombre de ses métiers. Une autre circonstance qu'on relevait également dans l'intention d'engager le gouvernement à supprimer Xulcabala et d'établir un meilleur système d'impôt, était ce qui se passait dans le royaume même de Valence, ainsi que dans toutes les provinces de la couronne d'Aragon , où Xalcabala avait été remplacée par Yequiva-
lente. Établi depuis l'avènement de Philippe, ce mode de contribution n'était point funeste comme Xalcabala; il n'était point une taxe ruineuse sur les manufactures , car le fabricant et l'ouvrier y sont taxés, l'un en raison de son capital, et l'autre en proportion de ce qu'il gagne par jour» née : ce n'est pas précisément l'industrie qui est imposée; ils paieraient tous les deux de même, alors qu'ils exerceraient une profession différente; mais en Castille Yalcabala tombe directement 6ur la classe des fabricans et des ouvriers; aussi on y abandonne les manufactures. (')
A côté de ces progrès de l'agriculture et de l'industrie à Valence, on voyait Seville, qui avait eu autrefois des fabriques de soie très florissantes,
(' ) U équivalente , qu'on appelle catasiro dan* la Catalogne , est, en effet, ainsi que son nom l'exprime, un équivalent pour les rentes provinciales de la Castille. Tous les biens y sont assujettis , ainsi que les diverses professions industrielles et les salaires , a raison de 10 pour zoo sur les propriétés , et de 8 et demi sur les autres. L'imposition affecte donc la richesse et la rend ainsi plus équitable et moins onéreuse que celles de Yalcabala , ci en to s et miliones. Le peuple sait ce qu'il doit payer , distribue le montant de l'impôt entre les contribuables d'après Jes rôles ou tableaux de la richesse de chacun, et les autorités municipales le perçoivent elles-mêmes sans sacrifice ni augmentation d'employés. La Catalogne paie chaque année 16,696,221 réaux, dout la perception ne lui coûte que 59,634*
Celle contribution fut établie dans le royaume d'Ara-