CHAPITRE ADDITIONNEL. 56y
dont le nombre , s'il en faut croire Bruna (•), le doyen de la cour royale de cette ville, avait été fie seize mille métiers au dix-septième siècle , et qui donnaient de l'occupation à plus de soixante mille personnes; on voyait, dis-je, cette cite tombée dans la plus grande décadence; et quoiqu'il existât plusieurs causes de son dépérissement, l'ordonnance dont nous avons parlé plus haut, par laquelle on maintenait Xalcabala et les douanes dans l'Andalousie , y avait dû puissamment contribuer. La soie payait à son entrée à Séville 14 pour 100; il fallait payer autant pour la première vente : ajoutez à cela les vexations et les pertes occasionnées par les percepteurs au nom des fermiers, lesquelles pertes étaient très
gon (Catalogue, Valence et Aragon) au commencement du dix-huitième siècle. Les provinces de la couronne de Castille ont refusé de l'admettre che* elles, malgré les avantages évidens qu'elles auraient eus en l'acceptant. Car, tandis que les provinces de la couronne d'Aragon paient 38,094?95i réaux par an, celles de Castille paient 109,883,952; et la population de celles-là étant de deux millions six cent quarante mille individus, et la population de ceUes-ci de sept millions deux cent dix- neuf mille sept cent vingt- neuf, il résulte que chaque Aragonals paie 18 réaux, et le Castillan 28. (Caïiga A&gu£lles, Diccionario de Hacienda , t. II, p. 57.)
(') Réflexions sur les Arts mécaniques , insérées dans le troisième xolume de Y Appendice à l'Éducation populaire , par le comte de C au pom a ne*.
considérables. Toutes les autres branches d'industrie en étaient plus ou moins affectées. A Grenade, chaque livre de soie pavait pour alcabala, cientos , tarlil, lorres de mar et autres diverses impositions, 60 pour 100 sur la valeur de la soie avant d'être tissue. Plusieurs de ces droits venaient du temps des Maures. Tels étaient le tartil, le seliz et la dîme elle-même.
Appuyés sur tant de démonstrations qu'offrait -l'expérience , et sur les principes de la science économique, relatifs soit à l'égalité dans le paiement des impôts, soit à la liberté des communications nécessaires au développement de l'industrie , les économistes espagnols conjuraient l'autorité d'abolir partout Yalcabala dans la première vente, de manière que les étoffes, en sortant, par exemple, de chez le fabricant, ne payassent point ce droit, sauf à les y assujettir par la suite dans les ventes successives en détail. On devait s'attendre, il est vrai, à une diminution momentanée de cet impôt; mais qu'importait au trésor de perdre Yalcabala, si par ce moyen il parvenait à augmenter la fabrication et la consommation : il serait entré dix fois plus d'argent au bout de quelques années. Quand même le trésor eût perdu quelque chose, c'était pour favoriser les classes industrieuses, et ï'Etat ne doit pas regretter des sommes destinées à augmenter la prospérité, à répandre l'aisance.