‹ L'Espagne sous les rois de la maison de Bourbon (volume 2)Chapitre 44 sur 89 · CHAPITRE ADDITIONNEL. 56g · texte numérisé non relu

CHAPITRE ADDITIONNEL. 56g

D'aussi puissantes considérations, des exemples aussi frappans sur l'utilité de certaines mesures générales qui relèveraient l'industrie, ne furent pas suffisans pour déterminer l'administration à les adopter. La nécessité de changer entièrement le système universel d'impôt dans le royaume, les embarras d'une refornTaussi essentielle l'effrayèrent ; elle n'osa pas la tenter, les améliorations ne furent par conséquent que partielles. Les principaux obstacles au développement de l'industrie et de la richesse publique restèrent à peu près les mêmes.

Commerce.

§. io. Le commerce intérieur se trouvait entravé par les mêmes obstacles qui empêchaient l'industrie de s'accroître. Le mauvais système de contribution et de tarifs de douanes, la difficulté des communications entre les provinces, et une foule de causes provenant soit de la législation, soit d'autres abus introduits sous les précédentes administrations, tenaient le commerce dans la plus grande gêne. Les mesures que nous venons d'indiquer relativement à l'industrie , quelque partielles et imparfaites qu'elles fussent, ne purent qu'avoir aussi une salutaire influence sur le commerce intérieur. A l'égard du commerce extérieur, il était presque borné à celui que Ton faisait avec les colonies. Les Anglais

avaient réussi, par un des articles du traité d'Utrecht, à obtenir le privilège de VAsiento, et lm faculté d'envoyer dans les colonies espagnoles un navire portant une quantité déterminée de marchandises, concession qui leur donnait la facilité d'aborder dans les ports du Nouveau-Monde, et d'y introduire les objets de leur industrie. C'était en vain que le gouvernement espagnol cherchait par toutes sortes d'entraves et de précautions à rendre illusoires les concessions d'Utrecht ; c'était également en vain qu'il établissait des peines sévères contre le commerce interlope : d'une part, il ne pouvait lutter qu'avec désavantage contre la qualité et la modicité des prix des marchandises étrangères , comparativement aux siennes ; d'une autre part, il n'avait pas le moyen d'empêcher l'abord des étrangers sur les côtes de l'Amérique, dans une étendue de pays aussi immense que celle de ses possessions.

Afin défavoriser les exportations en Amérique, on fixa, par l'ordonnance du 5 avril 1720, le temps pour le départ et le retour des flottes et des galions, lesquels devaient avoir lieu à des époques déterminées, les cargaisons fussent-elles complètes ou non ; car le gouvernement tenait à régulariser les communications commerciales entre la métropole et les colonies. Le ao avril de la même année, un autre décret déclara les denrées et les marchandises embarquées pour les

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