CHAPITRE ADDITIONNEL. 5j I
Indes occidentales, sur des galions ou sur des bàtimens escortés par eux , exemptes de tout droit , soit qu'elles allassent en Amérique, soit qu'elles fussent expédiées au retour; la seule réserve qu'on y mettait était la nécessité de justifier de l'acquittement des droits à la sortie de Cadix; on y déclarait en même temps que les effets appartenant à des particuliers, transportés à bord de bâtimens et de galions isolés paieraient Xalcabala , soit à Carthagène , soit à Porto-Belo, à raison de douze pesos pour chaque ballot de marchandises de cent palmos cubicos (empan d'environ huit pouces), et de deux pour cent les articles détachés, en se conformant à cet égard au tarif d'Espagne, et non pas aux évaluations des employés aux douanes de l'Amérique.
Le ministre don Michel Fernandez Duran engageait les intendansdes provinces , par sa circulaire du a3 mars, à encourager les fabricans et les négociant espagnols à envoyer en Amérique des denrées et des marchandises d'Espagne, en leur faisant sentir, disait-il, que les droits pour la paume cubique étaient si modiques pour les tissus en soie, qu'à peine payait-on un pour cent, et que pour les denrées, des diminutions très considérables avaient eu lieu également ; enfin , on recommandait aux personnes chargées de l'expédition des flottes, galions , et bâtimens registres , tant en Europe qu'en Amérique, de protéger les
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négocians espagnols. Par une disposition postérieure, ceux-ci devaient avoir la préférence sur les étrangers pour rembarquement des marchandises .
11 y avait dans ces dispositions de la bienveillance et du patriotisme, mais fort peu de prévoyance ; pour mieux dire , on y voyait des notions fausses en matière de commerce et d'économie. Il était impossible de régler la consommation et l'approvisionnement des marchandises en Amérique par ce moyen; il donnait lieu à des monopoles : quelques riches maisons à la Nouvelle-Espagne et à Porto-Belo, s'emparaient d'une partie des effets ; une autre partie arrivait avariée par suite de retards éprouvés; souvent les étrangers avaient, à la faveur de leur commerce interlope , approvisionné ces provinces d'outremer; car un bâtiment anglais portait à lui seul plus de cargaison que quatre Espagnols. Au total c'était un mauvais système, surtout dans le temps de guerre avec l'Angleterre , époque heureuse pour ces colonies, pendant laquelle elles s'approvisionnaient à très bon compte de toutes les denrées et marchandises dont elles avaient besoin. Les douanes se relâchaient alors de leur sévérité ordinaire , et l'on faisait le commerce interlope avec une sorte de publicité. Des frégates anglaises, dit Bourgoin ('), faisant le blocus de la Vera-Cruz, débarquaient, au vu de
( ' ; Tableau de f Espagne moderne.