CHAPITRE ADDITIONNEL. 5g
une impulsion générale; les sciences et les arts se trouvant en honneur à la cQur de Louis XIV, devaient aussi compter sur une protection assurée de la part de son petit-fils. En effet , Philippe V fit tout pour elles. Les améliorations importantes faites dans Tannée et dans la marine rendirent nécessaire la création d'écoles où Ton apprit les sciences mathématiques et naturelles. On en établit à Cadix et à Barcelone. Par suite des mesures adoptées en faveur de l'industrie et du commerce, les lumières commencèrent à se répandre; mais ce fut principalement par la création des académies que Philippe contribua à relever l'instruction en Espagne.
Académie royale de la Langue espagnole.
Le duc d'Escalona, vice-roi de Naples sous Philippe V, que les Espagnols connaissent mieux sous le nom de marquis de Villena, était un homme très instruit dans la littérature nationale, dans la langue grecque, les mathématiques, la médecine, la chimie et la botanique. Pendant ses divers voyages en Europe, il avait eu occasion de faire connaissance ayec un grand nombre de sa vans étrangers, et contracté l'habitude de vivre dans la société de gens éclairés. A son retour à Madrid de sa vice-royauté de Naples , son hôtel devint le rendez-vous de tous les littérateurs et savans distingués de la capitale. On s'occupa m. 38
5l)4 PHILIPPE V.
d'abord, dans ces réunions littéraires, de diversobjets d'instruction sans en déterminer spécialement aucun. Plus lard, le marquis de Villena conçut le projet d'une Académie générale des sciences et des arts, qu'il traça en suivant la même division des connaissances humaines faite par le célèbre baron de Verulame. On ignore les motifs qui loi firent abandonner cette idée. Le fait est qu'il s'arrêta à la formation d'une Académie consacrée au perfectionnement de la langue espagnole. Il fil part de ce projet à Philippe V, qui l'approuva et accorda aux membres de l'Académie les mêmes honneurs et prééminences dont jouissaient les persopnes attachées à la maison du roi. C'est un titre d'honneur pour la maison de Villena que la création de cette assemblée littéraire, premier modèle d'un grand nombre d'autres associations qui ont été érigées depuis en Espagne.
Le décret pour sa formation est du mois de novembre 171 3. Dans un des chapitres du règlement fait par l'Académie elle-même, en vertu de cette ordonnance, elle explique le but de son institution qui est de « fixer et épurer la langue castillane, étrangement dénaturée par le mauvais goût et par l'ignorance, distinguer les mots, les phrases et les constructions étrangères de celles qui lui sont propres , celles qui sont tombées en désuétude de celles que l'usage autorise, marquer quelles expressions sont triviales ou grossières,