CHAPITRE ADDITIONNEL
et quelles doivent être regardées comme de bon goût et d'un ordre relevé ; distinguer enfin les expressions badines des sérieuses, et les mots propres des mots figurés. »
L'Académie sentit bientôt qu'il fallait, pour atteindre ce but, prendre des moyens convenables et travailler à composer un dictionnaire , une grammaire, une poétique espagnole, et enfin une histoire de la langue. Elle s'imposa l'obligation d'examiner les meilleurs ouvrages de la littérature espagnole en prose et en vers, pour montrer par des exemples l'influence des préceptes du goût sur les meilleures compositions.
On doit louer le zèle avec lequel l'Académie se livra à ces travaux. Déjà, en 1726, elle publia le premier volume de son dictionnaire, qui fut terminé en T739. Pour prix de ses fatigues et de ses services, le roi lui accorda alors i5,ooo francs par an qui devaient être consacrés d'abord à cou* vrir les frais de l'impression du dictionnaire, et qui serviraient après comme dotation de cet établissement.
On sait qu'un bon dictionnaire est un ouvrage difficile à exécuter, quel que soit le nombre et le savoir des collaborateurs employés à sa confection, et surtout qu'il est besoin d'y travailler continuellement pour qu'il puisse atteindre à la perfection désirable. Aussi, pendant la durée du dernier siècle, l'Académie de la langue espagnole
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a-t-elle travaillé sans relâche à des supplémens pour introduire des mots nouveaux dans son dictionnaire, surtout depuis 1712. En 1770, commença à paraître la nouvelle impression, dont on publia le premier volume avec d'importantes additions et corrections; mais l'ouvrage s'annonçant comme devant être de longue haleine, on s'arrêta à la formation provisoire d'un Abrégé en un volume, qui parut en effet en 1780, et dont on a fait une seconde édition en 1784.
En 1742, l'Académie publia aussi un traité d'orthographe; il est écrit avec un soin tout particulier. On l'a réimprimé en 1 754, 1 764 et 1 770, avec des corrections.
La grammaire éprouva plus de retard, à raison du désir que témoigna l'Académie de profiter des lumières de tous ses membres sur cette matière importante. Cela donna heu à un grand nombre de savantes dissertations, qu'il fallut examiner et comparer, et qui retardèrent par conséquent la marche des travaux, mais qui ne firent que rendre l'ouvrage plus parfait, lies recherches pour la nouvelle édition du dictionnaire vinrent s'opposer aussi à sa publication; mais elle parut enfin en 1 77 1 par les démarches du duc d'Albe, protecteur de l'Académie. Elle fut réimprimée en 1 776 et 1781. Grâce à ces divers travaux de l'Académie royale de la langue espagnole, ainsi qu'aux bons ouvrages publiés pendant le dernier siècle,