CHAPITRE ADDITIONNEL. D
on a aujourd'hui d'excellens modèles de pureté et d'élégance. 11 est impossible de s'égarer en les suivant.
Depuis 1777, l'Académie a distribué quelquefois des prix aux meilleurs ouvrages, tant en prose qu'en vers, renfermant des beautés de la langue castillane. C'est ainsi qu'en 1778 fut couronné le poème de don Joseph Vaca de Guzman, la Destruction de las naves de Cortès (il a été traduit en français); un autre du même auteur, intitulé Grenade conquise, obtint le prix en 177g. La célèbre églogue de Melendez sur la Vie de la campagne, eut le même honneur en 1780, ainsi que les ouvrages de don Juan Pablo, Forner, Moratin, et autres poètes et prosateurs espagnols.
L'Académie ne compte que vingt-quatre membres effectifs. Le nombre des membres émérites est illimité. (')
Sous Charles IV, et même au milieu des événemens qui ont troublé l'Espagne depuis 1 808 , l'Académie royale de la langue espagnole n'a point perdu de vue les importans travaux qui étaient le but de son institution. U abrégé du dictionnaire est à sa sixième édition. Le grand dictionnaire est très avancé ; il va maintenant jusqu'à la lettre T, Une nouvelle orthographe a été publiée par Y Aca-
(') M. Skmpebe, Biblioleca de los mejores Escritores del reynado de Carlos tome I, Dédicace, et article J cade i nia es p a nota.
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demie; elle était d'autant plus nécessaire, que l'esprit de réforme, avec son ardeur accoutumée, menaçait de tout bouleverser. La même nécessite d'un guide sùr se faisait sentir pour la grammaire ; l'Académie prépare en ce moment la publication d'un nouveau travail à ce sujet, qui se trouve déjà fort avancé. Enfin, pour l'édition des Auteurs Classiques espagnols , les travaux ont été distribués entre les académiciens ; outre les diverses éditions de l'immortel ouvrage de Cervantes, que l'on doit à cette savante réunion , ses soins ont déjà fait paraître celle des œuvres de Garcilaso , et de Francisco de la Torre , ainsi que celle du Siècle dor, par le docteur Valbuena. (*)
Académie royale d'Histoire.
On doit citer comme un des établissemens littéraires les plus importans dont l'Espagne fut redevable à Philippe, la Bibliothèque royale de Madrid, formée par ordre de ce monarque, et enrichie d'un grand nombre de volumes, dont l'usage fut permis au public pendant tous les jours de la semaine. Les bibliothécaires du roi, conservateurs de l'établissement, ont été toujours des hommes distingués par leur savoir.
Ce fut dans cette bibliothèque que X Académie
t*)M. d'Àrrieta, membre de l'Académie, a eu la bonté de nous communiquer ces renseignera en s sur les travaux dont elle s'occupe.