CHAPITRE ADDITIONNEL. Ô
royale d'histoire commença. Plusieurs personnes, animées par leur amour pour l'instruction et la propagation des connaissances historiques, demandèrent au roi, en 1736, la faculté de s'y réunir pour discuter cette sorte de matières. Le décret de l'érection de l'Académie parut en 1 738; il accordait aux membres qui devaient la composer les mêmes honneurs et prérogatives dont jouissaient ceux de l'Académie espagnole, en les regardant comme attachés au service de la maison du roi. Son premier directeur ou président fut don Augustin Montiano y Luyando, secrétaire particulier de Sa Majesté. « Le but de l'institution, dit l'Académie dans le premier article de son règlement, étant de purger notre histoire des fables qui la dégradent, et de l'éclaircir par des renseignemens sûrs, offrant une notice réelle , elle s'occupera avant tout de rédiger des Annales universelles, dont l'index complet pourra servir de dictionnaire historico-critique-universel d'Espagne ; plus tard on songera à composer toutes les histoires particulières, dont la publication pourra paraître nécessaire au progrès des sciences et des arts , ainsi qu'à l'instruction des savans et gens de lettres. >»
Autant ce plan était vaste et d'une haute importance, a itant l'exécution en était difficile. En effet, non seulement on devait se livrer à d'immenses recherches pour écrire l'histoire ancienne
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et moderne de tous les peuples, mais il fallait surtout apprécier les faits à leur juste valeur , et les juger avec sévérité, d'après les principes de la saine raison, en flétrissant Terreur et le crime partout où Ton pouvait le rencontrer. Or, ce n'était pas en Espagne, et en présence d'une inquisition ombrageuse et intolérante, que l'histoire pouvait compter sur les lumières de la philosophie.
L'Académie s'arrêta donc à l'idée de rédiger une Introduction générale à l'histoire, à la géographie ancienne et moderne , à l'histoire naturelle , à la chronologie , à la langue nationale primitive, en l'accompagnant des règles générales de critique. Elle devait renfermer aussi l'explication des médailles, des inscriptions, privilèges et autres monumens historiques; elle contiendrait l'indication des chroniques fausses et controuvées, ainsi que le nom des auteurs qui s'en étaient servi, pour pouvoir les distinguer de ceux auxquels on devait ajouter foi; enfin on y tracerait la méthode à suivre dans la formation des annales et du dictionnaire. On distribua ce travail entre plusieurs membres de l'Académie. Des difficultés aisées a concevoir empêchèrent d'élever ce superbe vestibule du temple de l'histoire.
L'idée de travailler à illustrer l'histoire nationale offrait moins d'obstacles; elle flattait l'a-