CHAPITRE ADDITIONNEL. 6o
tête à leurs adversaires, contre lesquels les tribunaux avaient prononcé un arrêt dans les formes. Les membres de la nouvelle Société étaient au nombre de cinq, ils se réunissaient tous les soirs chez un d'entre eux qu'ils regardaient comme leur président ; ils firent des réglemens , et s'établirent en Société à leurs propres irais.
L'objet qu'ils se proposaient était de cultiver la médecine expérimentale , etde se tenir au courant des progrès que feraient la physique, la chimie et toutes les sciences naturelles. Une association de cette nature ne pouvait que porter ombrage aux docteurs de l'Université, leurs adversaires , livrés dans leurs discussions à l'examen de questions oiseuses, et purement métaphysiques. Les docteurs de l'Université ne pouvant pas combattre leurs savons adversaires autrement qu'en les dénonçant à l'autorité , ils les accusèrent devant elle de s'être réunis sans avoir préalablement obtenu l'autorisation royale. Pour les rendre encore plus inexcusables ils censuraient leur doctrine comme étant contraire à celle d'Aristote , de Galien et d'Hippocrate, dont l'enseignement avait été prescrit à toutes les Universités du royaume. Le ministère de Charles II , sur la proposition du Conseil de Castille qui avait consulté la junte supérieure de médecine , se prononça en faveur des médecins non docteurs : une ordonnance , datée du 25 mai 1700, autorisa leurs assemblées. Philippe V la
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confirma par son décret du i" octobre 1701, daté de Barcelone.
La Société continuait à s'occuper des objets de son institution, lorsque Philippe vint à Seville en 1729, Don Joseph Cervi, du conseil des finances, premier médecin de Philippe V, qui jouissait d'une grande faveur auprès de ce monarque infirme, eut occasion d'apprécier les travaux de la Société, et la prit sous sa protection. Il en fut nommé président. Jusques-là elle n'avait pas eu d'autres fonds que les dons gratuits de ses membres. Cervi sentit la nécessité de lui fournir des moyens pour l'achat des livres , des machines et des instrument, ainsi que pour payer les employés, l'impression des mémoires, etc. Philippe V, sur la proposition de son premier médecin, accorda à la Société, par son décret du i3 mai 1729, le privilège de pouvoir embarquer trois cents tonneaux de marchandises sur la première flotte, dont le produit serait destiné à l'achat d'une maison et d'une bibliothèque, et cent autres tonneaux à perpétuité pour payer les appointemens des employés et des membres de la Société. Un anatomiste et un pharmacien furent nommés pour exercer leurs professions sous la direction de la Société. Uassistente de Sé ville (l'intendant) en fut nommé protecteur. On ordonna parle même décret que les douze médecins membres de la Société, ayant huit ans d'assistance