‹ L'Espagne sous les rois de la maison de Bourbon (volume 2)Chapitre 62 sur 89 · CHAPITRE ADDITIONNEL. 6o · texte numérisé non relu

CHAPITRE ADDITIONNEL. 6o

quotidienne, et les chirurgiens ayant la même ancienneté , auraient voix deliberative après avoir entendu leurs collègues, si toutefois il n'y avait pas dans F assemblée uti médecin ou un chirurgien de la chambre du roi; car, dans ce cas; ce droit devait leur appartenir. La Société aurait également parmi ses membres deux médecins honoraires attachés au service de la famille royale, et deux pharmaciens qu'elle nommerait par droit d'ancienneté.

Malgré tant de témoignages de la bienveillance du monarque, les adversaires de la Société re^ nouvelèrent leurs anciennes prétentions; mais ce fut en pure perte, car l'ordonnance du 37 août 1729 confirma toutes les faveurs royales précédemment accordées. La Société grandit sous cette protection auguste; elle fit de nouveaux réglemens plus étendus et plus en rapport avec la nouvelle forme de la Société , ainsi qu'avec les nouvelles découvertes scientifiques. L'ordonnance royale de 1736 approuva ces réglemens. Ce fut cette même année que la Société fit paraître le premier volume de ses mémoires, dédié à don Joseph Cervi, son président, contenant des dissertations médico-pratiques sur l'anatomie, la chirurgie, la chimie et la pharmacie. Il fut imprimé à Séville dans l'imprimerie de Siete-Revueltas. Elle faisait voyager aussi quelques uns de ses membres ; un d'eux fut admis aux séances

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de l'Académie royale des Sciences de Paris. (') A la mort de Cervi , la Société se trouva sans protecteur. La cour n'étant plus à Séville, elle souffrit de cet éloignement. Le privilège des tonneaux sur la flotte lui fut retiré. Elle se vit même impliquée dans des procès au sujet de ce droit. La suite naturelle de ces contrariétés fut la décadence de cette association scientifique. Charles III rétablit son privilège , par son ordonnance du i5 octobre 1764, mais en diminuant le nombre des tonneaux de cent à vingt, et les appointemens des membres et des employés dans la même proportion. Elle reprit alors la publication de ses mémoires, dont il avait paru 5 volumes en 1 789. (*)

Philippe établit aussi une université littéraire à Cervera en Catalogne ; et quoique son organisation , comme corps enseignant, offrit les mêmes vices que les autres Universités de l'Espagne , où la théologie scholastique était , pour ainsi dire , la seule qui fût en honneur, quoique par conséquent elle dût peu contribuer au progrès des lumières, son institution prouve du moins que le gouvernement secondait les vœux des sujets, et qu'il aurait été aussi bien disposé à les accomplir s'ils eussent eu pour objet la propagation des connaissances scientifiques et utiles.

( 1 ) Mercure de France.

(») M. dr Sf.mpf.rb , Biblioteca de los mejores Escritores.

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