III
6lO PHILIPPE V.
ville , el des épaisses ténèbres dont son esprit était offusqué, grace aux erreurs dont on avait nourri sa jeunesse, il avoue avec autant de franchise que de reconnaissance qu'il sortit de cet état déplorable par la lecture des ouvrages du père Feyjôo, qu'il trouva par hasard chez une de ses tantes. Voici comment il s'exprime : « Si, par un effet du charme de la lampe merveilleuse d'Aladin , on m'avait tout à coup transporté dans les magnifiques souterrains décrits dans les Mille et une Nuits, je n'aurais pas éprouvé le ravissement que j'eus en tenant dans mes mains ce trésor intellectuel dont je me croyais déjà possesseur. I* force physique de notre corps se développe très lentement ; bien peu de personnes se sont trouvées surprises ou enchantées, je pense, d'une vigueur corporelle soudaine ; mais mon esprit qui , semblable au petit oiseau dans son nid, ne s'était point encore aperçu jusqu'alors qu'il eût des ailes, se vit tout à coup élancé dans un enchantement inexprimable, lorsqu'un directeur»qu'il connaissait pour la première fois vint lui annoncer cette découverte, et le presser même d'en faire l'essai. Sortant tout à coup de la pesanteur d'une vie purement physique , je sentis que j'avais la faculté de penser. Je ne sais si l'âme, s'élevant après la mort dans un ordre supérieur, et recevant une nouvelle existence, s'apercevra autant de son pouvoir et éprouvera des délices aussi vives que celles