CHAPITRE ADDITIONNEL. 6l
de la nouvelle dynastie, les lettres, comme toutes les autres branches de l'administration, furent toujours plus ou moins empreintes de l'esprit et du goût régnant au-delà des Pyrénées. C'est un fait dont nous aurons occasion d'apprécier ailleurs l'influence par rapport à la littérature espagnole en particulier.
Le style du père Feyjôo est entraînant. En ne considérant ses écrits que sous le rapport de l'éloquence, ils méritent une estime toute particulière. Sa méthode pour l'exposition des maximes, la force avec laquelle il présente ses raisonnemens en les appuyant par des comparaisons et des exemples, sa sagacité pour prévenir les objections, son habileté à y satisfaire, Fart d'embellir les objets ou de les tourner en badinage, toutes ces qualités lui donnent une place avantageuse parmi les hommes éloquens de l'Espagne.
Mais nous partageons entièrement l'opinion de l'abbé Andrés (') à ce sujet, lorsqu'il avance que la lecture continuelle des livres français , la nouveauté de certaines matières pour les écrivains espagnols, et le peu d'étude de la langue et de ses auteurs classiques, donnent aux écrits de Feyjôo une forme nouvelle d'élocution, un certain air d'étrangeté, et leur otent cette force et cette grâce de langage qui. rendent si agréables les anciens modèles de la langue espagnole. On le voit en effet
( 1 ) Histoire générale de la Littérature,
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combattre toujours Terreur avec force et employer toutes les facultés de son esprit au triomphe de la vérité , mais il néglige quelquefois la pureté du langage. D'un côté, son style offre une légère teinte d'allure française, tandis que d'un autre côté il n'est pas tout-à-fait exempt de quelques uns des vices introduits pendant la décadence de la langue espagnole.
Les ouvrages du pèreFeyjôo forment quatorze volumes in-8°; huit volumes comprennent le Théâtre critique (terreurs communes; les six autres les Cartas eruditas (Lettres savantes ou instructives). A mesure que les volumes paraissaient à Madrid on les traduisait en français, et ils étaient publiés à Paris. On en a fait en Espagne quinze éditions.
Feyjôo naquit à Casdemiro, petit village dans Tévêché d'Orense, le 6 octobre 1676 : il mourut dans son monastère d'Oviédo, le 26 octobre 1 764.
Don Jorge Juan et don Antonio Ulloa.
Les noms de ces deux savans espagnols sont < ounus en Europe. Don Jorge Juan était commandeur de Tordre de Saint-Jean, capitaine de la compagnie des gardes-marine de Cadix, directeur du séminaire royal des nobles de Madrid, membre du conseil du roi et de la junte royale de commerce et de la monnaie, de la Société royale de Londres, de T Académie royale des Sciences de Berlin , correspondant de celle de Paris , consilia-
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