CHAPITRE ADDITIONNEL- 6lJ
montre que le système de Copernic ou de Newton n'est point contraire à la foi catholique. « 11 n'y a pas, dit-il, de pays en Europe qui ne soit newtonien , et pourtant Ton ne croit pas que cette opinion puisse porter atteinte à la religion que ses peuples professent. » Cette démonstration, aujourd'hui superflue, était alors nécessaire, surtout en Espagne.
Les deux savans marins publièrent la dissertation historico-géographique sur le méridien de démarcation entre les royaumes d'Espagne et de Portugal, et sur les endroits par où il passe dans l'Amérique méridionale, le tout d'après les traités et les droits de chaque état, ainsi que d'après les observations les plus modernes. Madrid, imprimerie de Marin , 1 749.
Don Jorge 5uan fut ensuite envoyé à Londres pour s'instruire dans l'art de construire les bâtimens, en observant les progrès des Anglais dans ce genre. Revenu en Espagne après dix-huit mois de séjour en Angleterre, il fut chargé de la construction, des vaisseaux, de la direction de tout le matériel, ainsi que des chantiers et des arsenaux. On lui doit un nouveau procédé de construction espagnole inventé par lui ; elle est bien plus avantageuse que celles connues précédemment; un décret royal l'adopta pour tous les départemens de la marine royale.
Don Jorge Juan contribua beaucoup à l'excel-
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lente organisation de l'académie de marine de Cadix; il fit faire des modèles proportionnés des diverses sortes de vaisseaux , dirigea la construction de l'Observatoire astronomique, un des plus parfaits et des plus achevés que Ton connaisse (M. Delalande en fait le plus grand éloge). Il fit venir de Londres les meilleurs instrument.
Outre ces travaux et beaucoup d'autres très essentiels dont il fut chargé, il forma chez lui une académie des sciences , qu'il appela assemblée amicale de littérature, dans laquelle se réunissaient tous les jeudis: Godin, Infante, Henay, Aranda, Porcel, Virgilio, Iglesias, Cambell, Naxera, Rolland, Velazquez ( marquis de Valdeflores), et Carbonel, qui remplissait les fonctions de secrétaire. On y lisait les mémoires rédigés par les membres de la sofiété, sur les sciences et les arts , après qu'ils avaient été examinés par des commissaires nommés ad hoc. Don Jorge Juan en lut dix sur plusieurs points d'artillerie, d'astronomie, de navigation, de construction, et autres branches des mathématiques. Ce fut un de ces mémoires qui lui fournit l'occasion de concevoir le grand travail qui lui acquit tant de gloire, Y Examen maritime, Ûhwrie-pratique , ou Traité de Mécanique appliqué h la construction et à la manœuvre des vaisseaux de ligne et autres bàtimens . Madrid, imprimerie de Mena, 1771; 2 vol. in-4°.