‹ L'Espagne sous les rois de la maison de Bourbon (volume 2)Chapitre 70 sur 89 · CHAPITRE ADDITIONNEL · texte numérisé non relu

CHAPITRE ADDITIONNEL

Déjà, en 1757, don Jorge Juan avait publié à Cadix un jàbrégc de Navigation à Vusage des chevaliers gardes-marines , dont les résultats ont été d'une si grande importance pour renseignement de cette branche de mathématiques; mais V Examen maritime est un ouvrage bien autrement étendu et profond à la fois. Toutes les nations se sont empressées de le traduire : c'est un des ouvrages qui honorent le plus les connaissances scientifiques de Juan , et qui jettent le plus d'éclat sur l'Espagne dans les temps modernes. Une foule d'erreurs corrigées, des idées lumineuses, des vérités utiles démontrées, voilà ce que l'on doit au marin espagnol.

Parmi beaucoup d'hommages que les savans étrangers rendirent à don Jorge Juan , on doit citer celui du comte Stanhope , qui lui adressa un exemplaire de sa superbe édition latine des Èlémens dEuçlide; il y écrivit de sa main :

Viro amplissimo et domino Domino Georgia Juçn, nobilissimi otdin'u diviJoannis Melitcnsis etfuiti, in regia classe Uispaniea Navarcho prœstantissimo , Cujus eximuc doctrinœ Solcrti ingento Summer diligentia Indefesso labori Suprà quam fori licet orbis obstrictum est eruditus. . . . Philippus comes Stanhope Angtus.

Don Benito Bails écrivit un éloge de don Jorge

Juan, qu'il plaça en téte de ses Élémens de Mathématiques et de \ Abrégé qu'il en donna.

V Examen maritime de don Jorge Juan a été traduit en français avec des notes par M. l'Evéque , professeur royal d'hydrographie à Nantes. Le gouvernement fit en grande partie les frais de l'impression : l'édition avait été entreprise par ordre de M. de Sartine, alors ministre de la marine, et protégée avec zèle jusqu'à sa conclusion par le maréchal de Castries , qui lui succéda dans le ministère. L'amirauté anglaise récompensa de son travail le traducteur français, en lui offrant un exemplaire de tous les ouvrages de navigation publiés par son ordre; ce qui prouve bien évidemment, outre le travail du traducteur, le mérite de l'original, dont toutes les nations se sont empressées de profiter.

Don Jorge Juan mourut à Madrid le 21 juin 1773, âgé de soixante ans et six mois. 11 est enterré dans l'église de Saint-Martin, où Ton fit une inscription latine sur la pierre qui couvre son tombeau. Elle annonce toute la part que cet homme célèbre a eue à la construction des vaisseaux ; la voici :

Domito novœ structurât navibus

il vit le jour dans le royaume de Valence. 11 serait long d'énumérer les éloges que Y Examen maritime lui a mérités.

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