CHAPITRE ADDITIONNEL
n user its hébraïques, grecs et latins. Ce duc, ami des lettres , avait fait bâtir à grands frais une bibliothèque digne sous tous les rapports de l'importance et de la richesse des manuscrits et des objets d'art de tout genre qui y devaient être déposés. Son hôtel était une espèce de muséum où se trouvaient réunis une foule d'objets de peinture et d'architecture anciennes. Le savant antiquaire travailla à réparer les effets de la négligence des successeurs du duc.
Marti eut occasion de recueillir en Andalousie un nombre considérable de médailles romaines, grecques , puniques et espagnoles des temps anciens : on porte ce nombre à seize cents. ÏI fut aussi heureux pour les manuscrits. Il acheta pour des sommes très modiques les comédies d'Aristophane écrites avec de superbes caractères, et des notes très curieuses; un manuscrit très précieux contenant les principales oraisons de Démosthène et d'Aristide ; Vitœ Sophistarwn de Philostrate ; des fragmens du même, de Fita ty rannei ; des discours du sophiste Himerini, ainsi que les parallèles de Libanius-, Hypéride et Plutarque; le Gorgias de Platon, sive de Rhe/orica , manuscrit qui portait en tète cette désignation : Nicephora> Gregorœ. Marti attache un mérite singulier à cette circonstance.
Riche de ces manuscrits et d'un grand nombre d'autres non moins intéressans dont on peut lire m. /ji
le catalogue dans la Vie de Marti par Mayans, ainsi que de nombreuses médailles , il quitta Seville pour retourner à Rome en passant par Madrid, Le conservateurprincipal de la Bibliothèque royale, Alvarez, auteur d'une Histoire de F Église et du Monde jusqu'au déluge , venait de mourir. Philippe V s'occupa aussitôt de le remplacer. Marti paraissait généralement celui qui pouvait présenter le plus de titres à cette place. Plusieurs grands d'Espagne, entre autres le marquis de Villena, voulaient le porter à ce poste littéraire.
Ils en parlèrent au père Daubenton , confesseur de Philippe; mais le peu d'empressement de Marti pour solliciter cet emploi , et le peu d'affection que le confesseur lui témoigna , firent donner la place à Ferreras , auteur des Annales a" Espagne, ouvrage rempli de détails exacts, et qu'il faut toujours consulter, mais qui manque d'ordre et d'enchaînement dans le choix des sujets.
Ce fut à cette époque que Marti voulant rendre un témoignage de son amitié à Intérian d'Ayala, très passionné pour les épigrammes de Martial qu'il récitait à chaque propos, en traduisit une partie en langue grecque. Ayala, charmé de cet hommage, adressa à son ami uneépîtreen latin pour le remercier de son travail; celui-ci eut alors occasion à son tour d'admirer de nouveau la facilité de son esprit, et lui envoya un exemplaire manuscrit de ces odes d'Anacréon, où le