‹ L'Espagne sous les rois de la maison de Bourbon (volume 2)Chapitre 81 sur 89 · CHAPITRE ADDITIONNEL · texte numérisé non relu

CHAPITRE ADDITIONNEL

poète grec avait chanté les plaisirs de la table , en le priant de les traduire en latin, ce qu'Ayala fit dans un style des plus élégans. Le père Intérian d'Ayala, de Tordre de la Merci, e'tait professeur de langue hébraïque à Salamanquc : les écrits qui nous restent de lui prouvent son érudition et sa philosophie. Mayans en parle comme d'un savant fort estimable sous tous les rapports. Voici ses ouvrages : Excursus ad Musas; Orationes ad populum christianum ; Catechismus Claudii Florida ; Epistolœ latinœ; Pictor christianus eruditus.

Marti fut aussi très lié d'amitié avec le père Minana de Tordre de la Trinité, continuateur de Y Histoire générale d Espagne par Mariana, depuis la mort de Ferdinand-le-Catholique jusqu'à celle de Philippe II, dont il nous a dépeint les deux règnes. Il resta de lui aussi un manuscrit avec ce titre : Bellum rusticum valentinum, ou Histoire de l'invasion des Autrichiens et de leurs alliés dans le royaume de Valence. Mayans comptait le faire paraître un jour.

Un autre savant et littérateur espagnol qui fiit en correspondance avec Marti , et qui lui demanda souvent des conseils sur différens travaux, était le marquis de Mondejar, qui, retiré dans ses États , y vivait heureux dans un âge très avancé , entièrement livré au culte des muses historiques. Cette correspondance épis-

tolaire entre ces deux hommes distingués, leur donna le désir de faire une plus intime connaissance. Le marquis engagea Marti à aller le voir à Mondejar où il demeurait. Le pf in temps de Tan 1708 fut d'abord fixé pour l'entrevue, à laquelle des obstacles vinrent s'opposer. Peu de temps après ( au mois de septembre de la même année), le marquis succomba à une fièvre maligne à l'âge de quatre-vingt-un ans. (')

Marti ne resta pas long-temps à Rome à son second voyage en 1 7 1 7 . A peine était-il arrivé, que les Espagnols furent obligés de quitter cette capitale par suite de la rupture qui éclata entre le pape et Philippe V. Il se rendit par terre à Alicante.

Depuis long-temps l'excès de travail avait affaibli sa vue : il perdit tout-à-fait l'usage de ses yeux en 1 725. Il vendit alors ses livres et le reste de ses collections qui lui devenaient inutiles. Dès ce moment il ne fit que languir jusqu'à sa mort arrivée le «2 1 avril 1737.

Marti avait pour amis les hommes les plus sa-

(') Outre un grand nombre de manuscrits, il existe du marquis de Mondejar les ouvrages ci-après, imprimés : •

Carthage d'Afrique. — Patronage de San Frutos. — Dissertations ecclésiastiques , 2 vol. — Sur la Prédication de saint Jacques en Espagne contre Natal Alexandre. — De l'époque véritable à laquelle les Sarrasins occupèrent l'Espagne.

Page 1