‹ L'Espagne sous les rois de la maison de Bourbon (volume 2)Chapitre 83 sur 89 · CHAPITRE ADDITIONNEL · texte numérisé non relu

CHAPITRE ADDITIONNEL

nées les livres publiés en Espagne ne renfermaient absolument rien qui pût rentrer dans le but de ces journaux, ni aucune matière de celles dont ils s'étaient proposé d'abord de traiter, tous les ouvrages ayant pour objet la théologie scolastique ou des matières abstraites parfaitement inutiles. M. Ferreras en offrait pour preuve Y index des livres de la Bibliothèque royale , depuis le commencement du siècle, où il n'y en avait aucun en effet qui traitât de découvertes ou de recherches neuves et importantes.

Cette observation donna lieu plus tard à des considérations assez justes sur l'influence de cette sorte de journaux, qui n'en parurent que plus nécessaires pour répandre les connaissances utiles, établir des moyens de relations entre les savans nationaux qui habitaient divers pays, juger le mérite des ouvrages que Ton publiait, et pour arrêter enfin , au moyen de ces entreprises littéraires , l'impression de tant de gros volumes pour la plupart inutiles, sur des matières obscures et métaphysiques.

Don Juan Martinez de Salafranca, don Francisco Manuel de Huerta, et don Léopolde Jérôme Ruiz, s'associèrent pour faire paraître un ouvrage avec ce titre, Diario de los Literates (Journal des Savans). Le premier volume vit le jour en 1 7 37 . On voyait alors pour la première fois en Espagne employer une critique sage à juger les

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livres. On n'y lisait pas, comme cela avait eu lieu jusqu'alors, de flatteuses approbations en tête des ouvrages, rédigées par des censeurs complaisans; la raison et le goût y faisaient insérer leurs arrêts. 11 en résulta que l'ignorance se trouva mal de ce nouveau tribunal, et qu'étant toute-puissante à cette époque, elle parvint à le renverser. Les rédacteurs étaient pourtant doués d'excellentes qualités; ils avaient de l'instruction, un jugement sain , et ils mettaient dans leurs critiques beaucoup de modération et de ménagement : mais, soit que la nation ne fut pas assez préparée pour apprécier l'utilité de cette sorte d'ouvrages, soit que les intrigues des mauvais écrivains, toujours nombreux et prêts à se venger des censures qu'ils essuyaient, abreuvassent de dégoût les rédacteurs du journal, cette feuille cessa de paraître au bout d'un an et neuf mois, malgré l'approbation du roi et la protection du ministre des finances Campillo. Les frais d'impression avaient été payés par le trésor public.

Séminaire royal pour les Nobles , à Madrid.

Nous ne finirons pas ce chapitre sans réparer l'omission qui nous est échappée en oubliant de mentionner dans l'article intitulé : Diverses Académies créées par Philippe V, l'institution du séminaire royal pour les nobles. H fut fondé en 1727. Quelques auteurs ou! paru croire quo des

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