‹ L'Espagne Sous les Rois de la Maison de Bourbon (volume 3)Chapitre 12 sur 32 · CHAPITRE XXL · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXL

Départ des troupes anglaises de la Catalogne. — Situation fAcheustdes Catalans. — Leur résolution courageuse. — Traité pour l’évacuation de la Catalogne conclu par l’empereur. — Négociation entre l’Angleterre et l’Espagne , relative à la constitution catalane , et aux privilèges de cette province. — L’Angleterre abandonne sa cause. — Les Catalans rejettent l’offre du gouvernement de Castille , et se préparent à une défense obstinée. — Opérations militaire dans la Catalogne. — Marche de l’armée française ; siège , défense et assaut de Barcelonne. — La constitution catalane abrogée. — Majorque se rend. — Lettre de l’empereur au général Stanliope sur le sort des Catalans.

Philippe, avant d’avoir signé le traité définitif avec le Portugal, s’était assuré la possession de tous les pays qui lui avaient été assignés par la paix d’Utrecht, en soumettant la Catalogne, Majorque et Iviza.

La campagne de 1712, en Catalogne, n’avait pas été plus décisive que celle de l’année précédente : la mort du duc de Vendôme, arrivée à

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Vimeros, dans le royaume de Valence, au corn-

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mencementdu printemps, suspendit subitement toute opération militaire. (*)

Aussitôt après la conclusion de l’armistice général entre la France et l’Angleterre, les troupes anglaises quittèrent Barcelonne au milieu des clameurs et de l’indignation du peuple que le gouvernement anglais avait excité à se ranger sous le drapeau autrichien. Pour prévenir les suites du désespoir des habitans, l’impératrice jugea ♦ nécessaire d’envoyer quatre personnes d’un rang distingué, jouissant d’une grande considération, pour faciliter leur départ et leur fournir des provisions. Ces troupes, après avoir campé pendant quelque temps dans l’endroit même où Charles avait autrefois débarqué, et avoir fait des vœux en faveur du brave peuple catalan qu elles étaient forcées d'abandonner, s’embarquèrent à bord* de ’• l’escadre commandée par sir John Jennings, et furent transportées à Minorque. ; '

Malgré le départ des troupes anglaises, la campagne ne fut, de la part de Philippe, que pure-

(*) Vendôme mourut d’une attaque d’apoplexie, qu’on attribue à un long souper qu’il fit : ce général était âgé de cinquante-neuf ans. Sa dépouille mortelle fut déposée dans le Panthéon de l’Escurial , à côté décollés de tous les princes et princesses d’Espagne qui n’ont pas régné. Il résulte du procès-verbal de la réception de son corps dans le monastère, qu’il y arriva le 9 septembre 171a. Bourgoing dit

avoir vu cet acte. • *

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mont défensive , ne voulant pas courir les chances de la guerre, lorsqu’il avait lieu dlefepérer que l’issue des négociations lui serait favorable. 11 n’y eut, pendant toute l’année, aucun événement militaire qui mérite d’être mentionné, si ce n’est une attaque infructueuse de Starenberg contre (rironne , où le marquis de Brancas soutint un blocus de neuf mois.

Le général de l’empereur reparut vers la fin de l’automne à Barcelonne. 11 voulait connaître les dispositions dés Catalans. Il fallait aussi concerter avec les états le plan de la campagne prochaine. En arrivant, il retrouva dans ce peuple magnanime la même énergie qu’il avait auparavant; il vit qu’il ne montrait aucun abattement, malgré la défection des Anglais. Quoique tout annonçât que la paix serait le résultat des négociations commencées, il restait inébranlable dans rattachement au souverain de son choix, et prêt à sacrifier sa fortune et sa vie à la défense de sa constitution chérie.

L’empereur fut profondément ému de ce témoignage de dévouaient et de générosité. Mais les revers dans les Pays-Bays, la défection des Hollandais qui en fut la suite, la complaisance toujours croissante de l’Angleterre pour la maison de Bourbon, ne lui laissèrent d’autre ressource que de réunir toutes ses forces sur les frontières de l’Empire, et de tenter un coup décisif pour

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sauver son honneur et sa propre personne. Ce ne fut pourtant pas par de vains regrets qu’il répondit, à l’affection de ses fidèles Catalans; et, lorsqu’il fallut traiter pour l’évacuation de la principauté, il chercha à préserver au moins leur constitution. Malgré tous les désavantages qui l’assiégeaient, il parvint à obtenir une amnistie générale pour tous ses partisans en Espagne ; il arracha à la France et à l’ Angleterre la promesse solennelle, qui fut insérée dans la convention, d’employer leur médiation à la paix future, pour que les Catalans conservassent leurs privilèges. Par suite de ce consentement qui fut accordé par l’Angleterre, il devait retirer ses troupes et ne plus donner aucun secours aux Catalans. L’exécution de l’armistice devait commencer par la remise, entre les mains de Philippe, de Barcelonne ou Tarragone, à son choix. Lorsque le- temps fixé pour cette exécution arriva, et au moment où l’impératrice allait monter à bord d’une escadre anglaise, les Catalans, qui l’avaient toujours regardée comme le gage assuré de la protection de Charles, témoignèrent la plus vive indignation. , Le respect qu’ils avaient pour la personne de la princesse, à laquelle ils étaient sincèrement dévoués, comprima l’excès de leur ressentiment, . lorsque la première division des troupes s’embarqua; mais il fallut toute l’adresse et tous les •

ménagemens que sut. employer Starenberg pour

empêcher les effets de leur désespoir au moment de l’embarquement de la dernière. Dans Tintervalle qui se passa jusqu’au retour de l’escadre anglaise, il les calma par la promesse de rester avec eux pour défendre la ville; et lorsque le moment fatal fut enfin arrivé (i5 mai), il amusa les chefs avec des propositions de capitulation , pendant que les troupes quittaient leurs postes et . se dirigeaient en silence sur le rivage.

Les Catalans, quoique sans espoir de secours extérieurs, et abandonnés de tout le monde, ne voulurent point céder à leur mauvaise fortune. Un corps peu nombreux, mais bien déterminé, fît une marche rapide pour occuper Tarragone, au moment où les Impériaux quittaient cette place ; et il y serait arrivé probablement avant les troupes royales, si les habitans n’avaient pas fermé les portes pour empêcher leur entrée : cependant, quoique trompés dans leur projet de s’emparer d’une des clefs principales de la province, ils eurent la satisfaction de voir une grande partie de la garnison venir les rejoindre, ainsi que quatre mille hommes qui avaient déserté les drapeaux de l’empereur, du consentement de Starenberg. De plus, six mille hommes de troupes régulières étaient restées dans Barcelonne , outre la garnison de Cardonne, et des nombreux partis de rniquelets qui gardaient encore les défilés de ce pays montagneux. Ils étaient décidés de tenir bon avec

ces forces, comptant sur les promesses de l’Angleterre, et sur l’encouragement secret qu’ils devaient recevoir de leur souverain bien-aimé.

Philippe, qui brûlait de soumettre tous ses Etats à la même forme de gouvernement, et qui avait déjà affranchi sa couronne des entraves qu’opposait la constitution d’Aragon, était bien décidé à abroger aussi les privilèges de la Catalogne , qui y avaient plus d’une fois favorisé la rébellion et disposé les esprits à appeler l’étranger à son secours. Il évita, en conséquence, de signer aucun ^ engagement contraire à ces vues; il offrit aux Catalans une amnistie générale avec l’oubli du ’ passé, et leur proposa la constitution de Castille dans des termes qui paraissaient exprimer une faveur. Cette offre fut reçue avec mépris par un peuple qui partageait avec les Aragonais un attachement prononcé à ses usages et à ses institutions primitives, et qui n’avait pas moins d’aversion pour les lois de Castille.

Piqué de cette opiniâtreté, Philippe n’épargna aucune démarche pour les priver de l’assistance et des secours de l’ Angleterre. On vit avec surprise le gouvernement anglais donner encore de nouveaux témoignages de sa complaisance, oublier ses premiers engagemens, et se jouer de la situation et des intérêts de ses alliés, malheureux , ♦ par sa faute.

Lorsque la reine d Angleterre eut engagé les

Catalans a prendre les armes en faveur d’un prince autrichien, elle promit de leur conserver leurs privilèges. Cette promesse venait d etre ratifiée de nouveau dans le traité pour l’évacuation ; mais Philippe trouva moyen d influencer une partie du cabinet anglais, et de le déterminer à éluder l’exécution d’un engagement garanti deux fois devant l’Europe entière. Ainsi dans les articles soumis à l’approbation de la cour d’Espagne, en vertu des arrangemens préliminaires avec la France, lord Lexington ne faisait pas mention de la constitution des Catalans, et bornait sa demande a un simple armistice. Dans la correspondance de Bolyngbroke avec les plénipotentiaires à Utrecht, on représentait ces privilèges comme contraires aux interets de la Crande— Bretagne, et la constitution de Castille, qu on offrait en place, comme bien plus favorable aux sujets qui cherchent a vivre dans 1 obéissance légitimé envers leurs souverains. La reine, pressée d’obtenir la paix, ne fit aucune difficulté d’employer ce lan—

gage> ff11* lui était conseillé par son secrétaire d état .

11 y eut cependant une opposition momentanée de la part des membres les plus indépendans de l’administration. Ils témoignaient parla leur désir de défendre l’honneur national, faisant ce qui dépendait d eux pour que les promesses royales & reçussent leur accomplissement. La divergence

des opinions , l’incertitude dans les conseils , des ordres et des instructions contradictoires, furent les suites nécessaires de ce dissentiment. On voit lord Lexington tantôt demander seulement un armistice , tantôt insister sur les privilèges des Catalans,; cédant sur ce point dans une occasion, et renouvelant la question au moyen d’une vaine protestation dans une autre.

Philippe était trop bien assuré de l’état réel et des véritables dispositions du cabinet britannique, pour s’alarmer de cette incertitude et du conflit de ces sentimens divers. 11 envisagea les remontrances comme de simples formalités pour maintenir les apparences et pour sauver l’honneur de la reine. 11 dit froidement à l’ambassadeur anglais :

« Vous avez besoin de la paix autant que nous; vous ne voudrez pas rompre avec nous pour une bagatelle. » En voyant la protestation de lord Lexington , Bedmar, ministre des affaires étrangères, témoigna sa surprise, et ajouta : « Votre Excellence doit se rappeler qu’elle a signé cet article de sa propre main. Le roi ne remettra en question un point déjà convenu. »

Ce refus net, et, avouons-le , un peu brusque, fît taire toutes les objections , ainsi que Philippe l’avait prévu. Le traité avec l’Espagne fut ratifié à Londres sans aucune hésitation ni remontrance. 11 fut envoyé à Utrecht pour qu’on l’insérât dans les conventions concernant la paix générale. Cette1

preuve de complaisance pour les partisans des Bourbons ne fut pas la seule que donna le ministère anglais : il montra le plus grand empressement pour la réduction de Barcelonne; fit les démarches les plus actives auprès de la régence pour l’engager à se soumettre; appuya les plaintes des cours d’Egpagne et de France contre l’empereur de ce qu’il les encourageait à résister à l’autorité royale, et enfin pressa la conclusion de la paix avec le Portugal , afin de réunir toutes les forces de la monarchie espagnole contre ses sujets rebelles.

Ces circonstances engagèrent Philippe à demander avec instance la coopération de la France et de l’Angleterre. Louis XIV, débarrassé de la guerre par le traité de Rastadt, ne balança pas à acquiescer à la demande, et rassembla une armée de vingt mille hommes, qui, sous les ordres de Berwick , fut destinée à passer les Pyrénées et à prendre part à la soumission de Barcelonne. La reine d’Angleterre, de son coté, non seulement approuva cette coopération, mais, au mépris de ses assurances solennelles et réitérées, elle envoya une escadre dans la Méditerranée sous le commandement de Wishart, auquel elle donna des instructions pour empêcher l’arrivée des approvisionnemens à Barcelonne, voulant contribuer par là à sa prompte reddition.

Au moment même où la couronne et le minis-

tère faisaient des efforts pour mettre fin à la guerre en Catalogne, la nation anglaise, par un sentiment fort louable sans doute, compatissait au

malheur dont les Catalans étaient menacés. La

chambre des lords, malgré la majorité que le ministère avait pour lui dans le parlement, fut l’organe de l’opinion publique quand elle pria la reine de continuer sa médiation pour que les Catalans pussent jouir , comme par le passé, de leurs anciens et légitimes privilèges. Cet incident fit trembler un instant le ministère. La reine renouvela encore une fois à la face de son peuple et de l’Europe sa promesse solennelle en faveur des

Catalans. L’amiral Wishart reçut un avis de Bo-

lyngbroke qui lui recommandait de se relâcher dans l’exécution des ordres qui lui avaient été communiqués précédemment. On inséra une clause en ce sens dans les instructions de lord Bingley, et deux mois après nous voyons "lord Bolyngbroke lui-même faire un reproche au ministre espagnol « de ce que les privilèges des Catalans n’ont pas été maintenus, et que des conditions raisonnables ne leur ont pas été offertes , ce qui, dans le cas de non acceptation de leur part, leur ôtait tous les droits à la compassion et à l’intérêt de la reine et de l’Europe en général. » Wishart arriva donc à Cadix avec son escadre. L’opinion publique de l’ Angleterre et la révocation des premiers ordres n’étant pas ignorées

à Madrid, on l’accueillit avec froideur, ou pour mieux dire avec une sorte d’incivilité. Cependant Philippe, voulant profiter de la présence de son escadre, sans lui avoir aucune obligation de son assistance, tenta de nouer une nouvelle négociation avec les Catalans; il leur offrit un pardon généreux et une amnistie générale, s’ils voulaient mettre bas les armes , et se soumettre aux lois de Castille.

Mais rien ne put ébranler la courageuse résolution de ces peuples. Us rejetèrent unanimement toute proposition qui n’était pas accompagnée du maintien de leurs lois et de leur constitution. Ils offraient de les racheter par une contribution considérable ('). Voyant enfin qu’ils ne pouvaient parvenir à leur but , ils décidèrent , quoiqu’ils fussent absolument abandonnés a eux-mêmes, de perdre plutôt la vie que leur constitution. Aussitôt ils lèvent et organisent de nouvelles troupes , réparent leurs fortifications , et équipent une petite escadre de bâtimens légers au nombre de quatorze voiles , sans compter quelques frégates et cutters. Pour fournir à des dépenses aussi considérables, et pour entretenir leurs armées, ils saisissent les bâtimens de toutes les nations chargés de provisions , en payant toutefois la valeur

(*) La Situation des Catalans examinée dans le rappoi*' du comité secret. Lettres de Bolyngbrolc , 1 7 1 3 , 171 1\. «

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des chargemens , puis ils déclarent la guerre sur mer aux Français et aux Espagnols avec toutes les formalités requises en pareil cas. Le commandement militaire est confié à Villaroel , qui avait le rang de général au service de l’Autriche. Il devait être bien secondé par des officiers du pays, tant supérieurs que subalternes , formés dans cette guerre longue et formidable. Afin d’en imposer aux gens timides et effrayer les partisans ou les agens de Philippe, on créa un tribunal sous le nom de Conseil de conscience , dont on prit les membres dans le clergé séculier et régulier. Ge tribunal devait juger sans appel, et d’après les ordonnances militaires, tous ceux qui manqueraient à leurs devoirs envers la patrie, ou qui prononceraient seulement le mot capitulation . Un nombre déterminé d’officiers que le peuple appela matamores furent désignés pour mettre sur-le-champ ses arrêts à exécution (*). Les citoyens se sentirent encouragés par l’arrivée fréquente des provisions que les partisans autri- » chiens envoyaient sans cesse de la Sardaigne et de Naples, ainsi que des cotes neutres de l’Italie. Ils se flattaient que les contestations survenues entre la cour de Madrid d’un coté , et la Hollande 4 et le Portugal de l’autre, tourneraient à leur avantage; et ils conservaient des rapports très

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( 1 ) Désormf.aux , tome V, page 317. ’-jr*' xj

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étendus avec un grand nombre de mécontens dans leur propre province, ainsi que sur les frontières d’Aragon et de V alence, pour qui le moindre revers éprouvé par les armes royales aurait été le signal d’une insurrection soudaine.

Cependant l’orage se formait, les nuages s’amoncelaient sur leurs têtes. Le duc de Popoli avec le corps principal et de gros détachemens sous les ordres du marquis de Tuy et du comte de Montemar, dispersèrent peu à peu les partisans qui infestaient les districts des montagnes , et serraient Barcelonne du côté de la terre, tandis qu’une escadre espagnole la bloquait par mer. Les troupes françaises étaient également en marche pour agir de concert avec celles de Philippe , afin de soumettre ses sujets insurgés.

Le bombardement commença le 7 mai 1714 ? mais les assiegeans furent chassés de leurs retranchemens par une vigoureuse sortie de la garnison. L arrivée dun détachement français put seulement les préserver d’une déroute complète. Le siège continua d’être un blocus , jusqu à l’arrivée du maréchal de Berwick à la tête d’une armée française de vingt mille hommes. Les forces alliées réunies devant la place montaient alors à trente- cinq mille hommes. Huit mille étaient restés à Giron ne pour maintenir les communications avec la France ; un corps de cavalerie parcourait le pays dans diverses directions pour

disperser les partisans insurgens ; et huit mille hommes se trouvaient disséminés dans les districts entre Barcelonne et l’Ebre.

Les Catalans 11e pouvaient opposer à ces forces imposantes que seize mille hommes enrégimentés, sans compter les citoyens armés ; mais la présence d’un danger imminent et inévitable réveilla

chez eux ce courage et cette bouillante ardeur

qui ont, de tout temps, distingué le pei/ple espagnol. Quoiqu’ils n’eussent plus d’espoir d’être secourus, ils ne voulurent pas se rendre. 11 ne leur resta d’autre alternative que celle de repousser les royalistes ou de périr sous les ruines de leur ville. Ils avaient employé toutes les ressources de Fart, et redoublèrent d’efl’orts et de ruses pour le succès de leur défense. Les fortifications de Montjui et de la ville furent augmentées; on barricada les rues; les murs des maisons furent crénelés; on fît de chacune d’elles une citadelle. On prit toutes les précautions imaginables pour se défendre pied à pied, tant qu’il resterait la plus petite portion de terrain. On envoya les vieillards , les malades et les peureux à Majorque, en les recommandant aux soins des habitans qui étaient leurs frères et leurs confédérés; les prêtres, les moines, et même les femmes, prirent les armes. L’évêque et le clergé excitaient l’enthousiasme du peuple par leurs exhortations, aussi-bien que parleur exemple.

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