tome V, page 292. Haké^s Lettres to a Tory
il fut établi dans les Pays-Bas espagnols un gouvernement provisoire, qui devait agir au nom de Charles , comme roi d’Espagne , quoiqu’avec exclusion expresse de ce souverain, jusqu’à ce qu’ils fussent transférés définitivement à la maison d’Autriche. Une barrière était garantie aux Hollandais, laquelle, avec le droit de mettre garnison à Fûmes, ainsi que dans les tours de Knoque, était, composée d’ Ypres et Menin , partie • conquise des Pays-Bas espagnols, de Lille, Tournay, Condé et Valenciennes, qu’on avait enlevées à la France. On devait y ajouter Nieuport, Charleroi et Namur, ainsi que les villes possédées par Philippe; plus, Maubeuge et les autres places dont on s’emparerait par la suite dans cette guerre. Les Etats devaient aussi fortifier et posséder Lierre, Halle , la citadelle de Gand et Dendermonde, comme des points nécessaires de communication avec leur barrière ; et ils devaient acquérir aussi la partie supérieure de la Gueldre , ayant le droit de mettre des garnisons à Liège , à Huy et à Bonn , pour couvrir leur frontière du côté du Rhin et de la Meuse. Leurs limites ; s’étendraient à une distance convenable des ou-
vrages extérieurs de leurs forteresses. Pour em- * pécher le peuple des Pays-Bas d’entrer en concurrence commerciale avec les Etats , on renouvellerait les dispositions du traité de Munster, ; qui fermait la navigation de l’Escaut, et réta-
blissait le tarif des droits perçus dans ce pays. Enfin , l’Angleterre s’engagea à obtenir de l’Espagne, pour la république , les mêmes privilèges commerciaux accordés aux nations les plus favorisées. (')
En même temps on continuait , par des voies indirectes , la négociation avec la cour de Versailles , et l’on mettait en avant diverses propositions pour tacher de concilier les points en question. Lorsque les alliés demandèrent la cession des places fortes espagnoles* Louis XIV répondit que ses troupes ne les occupaient déjà plus , et qu’il ne pouvait pas s’engager à céder ce qui n’était pas en sa possession. On demanda ensuite que l’on remît les places de Bayonne et de Perpignan en dépôt, ce qui, sans compromettre la sûreté de la France , aurait intercepté les communications avec l’Espagne; mais la demande fut rejetée, sur la raison que le roi de France ne pouvait pas mettre les clefs de son empire dans les mains de ses ennemis. Finalement, le cabinet
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français présenta un nouveau projet qu’on regardait comme les préliminaires mêmes , avec quelques changemens de forme seulement. Il renfermait la promesse de reconnaître, immédiatement après la signature de la paix , Charles comme roi ♦ . #
(*) Défense ilu traité des barrières. Làmberti , tome V , page 4(>4,
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d’Espagne, des -Indes et de toute la monarchie espagnole; de retirer toute espèce de secours et de défense à Philippe, et de remettre aux Etats, comme garantie, quatre des places fortes françaises de la Flandre, jusqu’à ce que les affaires fussent successivement terminées (*). Les alliés rejetèrent à leur tour cette proposition , qu’ils considéraient comme captieuse, et n’ayant d’autre but que de substituer un traité vague et éventuel aux conditions claires et positives établies dans les préliminaires.
Il paraît que , pendant ces négociations , Louis XIV apprit, par le parti pacifique de la Hollande, qu’une proposition pour réserver à Philippe une partie de la monarchie espagnole pourrait bien être agréée. La lutte des partis en Angleterre, et l’impopularité toujours croissante du parti de la guerre, présageaient un changement dans l’administration de ce pays. Des intrigues ourdies pour jeter la discorde entre les différens membres de l’alliance, n’avaient pas été sans succès ; des troubles éclataient dans l’empire ; la guerre entre la Russie et la Suède menaçait de s’étendre anx états de l’Autriche. Ces circonstances, et l’espoir d’un changement de fortune, déterminèrent le roi de France à tenter encore de nouer une nouvelle négociation.
(') Hare’s letters to a Tory metnber. Lambkrti , tome V , page 464.^ * • '
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En conséquence , il feignit d’accepter les préliminaires , a 1 exception du trente-septième article , dont il croyait l’exécution impossible dans le délai assigné , et proposa d’entrer en discussion pour aviser à un autre moyen équivalent. Les Etats, qui se fiaient a ces protestations, se décidèrent a accorder des passe-ports aux plénipotentiaires français ; un grand conseil de cabinet fut tenu à Versailles, l’ambassadeur d’Espagne y assista pour rédiger les instructions , et prendre les arrangemens qui seraient jugés nécessaires. (*) Les deux plénipotentiaires français, le maréchal d’Uxelles et l’abbé de Polignac, partirent le 4 mars pour se réunir aux députés Vanderdusen et Buys, que le gouvernement hollandais avait nommés pour traiter au nom des alliés. Afin d’ empêcher une communication directe entre les plénipotentiaires français et les partisans de la France, le village éloigné de Gertruydenberg fut définitivement fixé pour la tenue des conférences.
La première séance eut lieu le g mars; mais au lieu d’urie simple discussion sur l’article proposé , ainsi que les alliés en avaient reçu l’assurance , lorsqu’ils avaient consenti à reprendre les négociations , les plénipotentiaires français établirent un principe nouveau , relativement au * ' w *•'
(’) Mémoires de Polignac , tome II, page 4°- Larrey ,