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votre maître consentît a entrer en discussion sur
nos prétentions, et qu’il adoptât ensuite le parti v qu’il croirait le plus juste et le plus conforme à ,
ses propres intérêts.
* 4 « Après Dieu , le roi mon maître ne compte que sur le vôtre : il est disposé à cultiver son amitié et à favoriser les intérêts commerciaux . de son peuple. Pour vous, il a rompu ses conventions avec la France; il s’est séparé à jamais de l’autre branche de la famille de Bourbon. En «
vérité, nous ne pourrons jamais croire que l’Angleterre se réunisse à nos ennemis, sans motif. - Mais que l’indignation de mon auguste maître ne vous étonne pas ; vous ne pouvez pas trouver
* efxtraordinaire que le traité nous ait surpris, 4 ayant été conclu précisément lorsque vous n’aviez aucun motif de crainte, sans qu’il soit possible même de deviner vos raisons pour cela.
« Je vous prie de prendre en considération la cruelle situation où je me trouve ; moi , qui seul ai persuadé au roi mon maître de renoncer aux v engagemens de famille; moi, qui l’ai engagé à affranchir , au moyen d’un traité , le commerce anglais de^ entraves qui l’enchaînaient; moi; qui t’ai déterminé à se rendre garant du dernier traité qui vous est si avantageux, et qui suis tout prêt â vous mettre en possession de X Asiento , ajourné depuis sj loog-temps ; puis-je me présenter devant mon auguste maître , moi, qui me suis
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. ^ v* CHApfxXV. 1716-1717. * 279
rendu garant de votre sincérité , et qui ai été l’organe de vos assurances répétées, sur ce que l Angleterre cultiverait son amitié? Puis-je paraître devant lui, l’ayant tout récemment induit *m si complètement en erreur ? »
L’envoyé britannique avait beau lui déclarer à plusieurs reprises que l’alliance avec l’empereur était purement défensive, et qu elle ne contenait rien dont l’Espagne pût se plaindre, Alberoni lui faisait toujours la meme réponse. « L’ Angleterre, disait-il, s’est alliée avec notre mortel ennemi, avec celui qui refuse de reconnaître Philippe comme roi d’Espagne, qui multiplie chaque jour ses offenses envers lui, et dont la puissance en Italie anéantira tôt ou tard tous les petits états de cette contrée. » *
Cependant, malgré le dépit qui l’assiégeait, il ne perdit pas l’espoir de détacher Georges de la France, et de l’engager au moins à ne pas s’opposer à la réduction du pouvoir de l’Autriche en Italie, pifisqu’il ne voulait pas y prendre une part active ; il se traça en conséquence une ligne de conduite qui pût à la fois éveiller leurs craintes et ses espérances. Il souffrit que les préposés aux douanes commissent de nouvelles vexations envers les négocians anglais, et ajourna l’exéculion du dernier traité.
Au moyen de cette connivence , les négociarîs anglais restèrent exposés à toutes les exactions
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traité 'lufrud fflivâit ] Lorsque l’envoyé anglais a<
* tions réitérées , Alberoni d< de pouvoir ; il attribuait toi tion malveillante des mini étaient à la fois les en
les siens ; il s’en référait au rait prendre le titre et 1 ministre ; ce sei
foi autrement que par des ps
Je vois tous les jours, disait-il, que le roi est entoure d une roule de gens qui s ennemis ; mais il se trouve si embarrassé , il est tellement irrésolu , que , malgré l’ascendant que fa reine a pris sur lui, on né se fait pas d idée de la difficulté qu’cui a pour l’amener à prendre des
CHAP. XXV. 171 G— 1717. -2ÔI
mesures vigoureuses. Pour moi, je suis, si découragé, que j’ai déclaré positivement que je ne me mêlerais plus d’affaires. Cependant, en dépit de l’ombrage que Sa Majesté a pris de vos liaisons avec la cour de Vienne, je lui en parlerai encore une fois, et je vous dirai le résultat. Vous pouvez compter que je ferai pour vous tout ce qui dépendra de moi. Ce que je ne ferai pas pour vous, je ne le ferais pour qui que ce soit au monde. » (*)
Par ces ménagemens adroits, Alberoni réussit à empêcher une rupture éclatante , et il essaya tour à tour, par des promesses et des menaces, de détacher l’Angleterre de la France et de l’em- • pereur. 11 travaillait, d’un autre côté, à calmer l’irritation de Philippe et à différer la rupture jusqu’à ce qu’il fût mieux préparé pour pouvoir , recommencer les hostilités, chose qu’il déplorait, disait-il, comme la ruine de l’Espagne.
Son habile manège, ses manières vives et insinuantes, ses promesses solennelles et réitérées, surtout cette franchise apparente ne manquèrent pas tout-à-fait leur but; car l’envoyé anglais luimême l^vailla à hâter son élévation à la pourpre romaine, la regardant comme une époque qui devait mettre un terme à toutes les difficultés
(') M. Dodinglon au secrétaire d’état Stanhopc ( 27 avril,
4 n»ai et 18 juillet 1716). Papiers de Melcombe .
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existantes , et comme «ne nouvelle ère dans Jes
rapports politiques entre l’Angleterre et l’Es- * pagne. . * , : . ,
Dans le cours de ces mémoires historiques , nous nous sommes souvent servis de la correspondance des princes de la famille de Bourbon
et de leurs agens, comme renfermant l’expres- ;
sion la plus authentique de leurs sentimens et l’exposition naïve de leurs vues et de leurs des- % seins. Nous nous trouvons heureusement en état de pouvoir suivre tous les mouvemens de la cojur d’Espagne au moment où elle changea de poli- ; tique, comme de décrire la conduite et l’élévation du nouveau favori, au moyen des lettres de l’envoyé britannique avec lequel Àlberoni tint une correspondance presque journalière. 11 serait difficile d’offrir un exemple d’une dissimulation plus profonde et d’une adresse mieux combinée.
Nous citerons , pour preuve des avantages que l’on retira parfois de l’assistance d' A lberoni , l’établissement d’une Correspondance secrète et-
directe avec les deux cours, dont le but était de
remplacer Monteleon , qui, de partisan zélé qu’il était de l’Angleterre, devint tout a |jpup,très attaché au cardinal del Giudice et au parti français ; et qui , en sa qualité d’ambassadeur à Londres , était à même d’élever continuellement des difficultés sur les arrangemens de plusieurs points en question. Voici ce qui. donna lieu a
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cette correspondance : M. Stanhope, lorsqu’il était prisonnier h Saragosse, avait eu occasion de faire la connaissance d’ Alberoni , alors au service de Vendôme. Il était tout simple qu elle se renouvelât lorsque ces deux personnages se trouvèrent en meilleure situation. La première lettre qui s’ offre à nos yeux était écrite par Stanhope pour remercier ALberoni de la conclusion du traité de commerce. Après lui avoir rappelé leur ancienne intimité et les prédictions qu’il avait faites sur ce que son mérite ne pouvait que le conduire un jour à occuper des places importantes, M. Stanhope se félicite d’avoir deviné si juste, et poursuit ainsi :
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3o décembre 1715.
« Le roi, mon maître, est extrêmement satisfait de la conduite du roi d’Espagne, qui a mis un terme à nos discussions précisément au moment où l’on n’aurait pas manqué de prétextes pour des subtilités et des chicanes, pour peu qu’il eût été disposé à se méprendre sur l’état de nos affaires. Sa Majesté Catholique a agi en prince sage et juste. J’ose assurer que l’événement montrera qu’il ne s’est point trompé. L’Angleterre se connaît en amitié. Elle a dépensé deux cents millions de couronnes (d’écus) dans le seul but d’avoir un roi d’Espagne pour ami. Le roi actuel a donné une preuve sans réplique de ses inten-
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lions bienveillantes. Jugez donc ce que nous ferions pour lui s’il avait besoin de nous. En tout cas, monsieur, c’est là le fondement d’une amitié sincère et durable. Vous avez commencé l’œuvre, et je suis chargé de la part du roi, mon maître , de m’adresser à vous pour l’achever.
« M. Dodington aura l’honneur de vous entretenir de 1 affaire de l’ Asiento, Eclairé comme vous 1 etes , je crois que vous serez pleinement convaincu que l’Espagne est encore plus intéressée que 1 Angleterre dans ce qu’il vous proposera de la part de la compagnie de la mer du Sud. Je vous prie de l’accueillir favorablement , et de faii e la-dessus au roi d Espagne le rapport que vous jugerez le plus convenable à ses intérêts. Cet obstacle une fois levé, je ne vois rien qui puisse altérer désormais 1 union entre les deux gou vernemens, que nous regardons en Angleterre comme absolument nécessaire , non seulement au bien-être des deux nations, mais aussi à la tranquillité de toute l’Europe. Je souhaite de tout mon cœur qu il vous reserve l’honneur d’affermir de plus en plus cette union salutaire par vos conseils et vos bons officês. »
Ces protestations de la part d’un ministre jouissant de toute la confiance du roi Georges Irr étaient bien faites pour flatter Alberoni, qui, dans son contentement, allait jusqu’à s’imaginer qu’il pourrait compter sur la protection de l’An-
gleterre. La correspondance continua donc avec la même cordialité des deux côtés ; on ne fut pas long-temps sans s’affranchir des entraves et des formalités des lettres officielles. Une lettré de de M. Dodingtôn fait voir la nature et l’effet de cette nouvelle correspondance*
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« J’ai été à Aranjuez, et le mercredi 6, dans
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la matinée, je passai chez M.
mait encore ; jfe laissai votre lettre pour qu’on la lui remit aussitôt qù’il se réveillerait, et je fus me promener dans le jardin. A mon’ retour il m £
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lions bienveillantes de Sa Majesté .envers le roi d Espagne, et je lui donnai lecture de la dernière partie de votre lettre. ïl en fut endianté ; il rn’ap?; . prit que vou^luj aviez écrit une lettre fort aimable, qu’il l’avait déjà lue à la^reine, qu’ils concerteraient leurs vues ensemble et qu’ils en parleraient au roi dans l’après-midi; Quoique je ne le connaisse pas très intimement , j’ai
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la lettre avait fait un effetex trao rdinait^^f * c’était le moment de parler de notre affaire. Je*
4ui dis donc que, d’après ce qu’il venait d’en- * tendre, il était évident que Sa Majesté était dé-* * ' y cidée à maintenir une amitié étroite avec le roi* •,
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