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pour s’ouvrir un passage en Catalogne; mais Staremberg, toujours sur ses gardes, rassemble ses troupes à la bâte, jette des renforts dans la place, et prend position à Agramonte, d’où ses éclaireurs pouvaient facilement inquiéter les Espagnols et les gêner dans leurs communications, tandis que le débordement de la Sègre augmentait leur détresse , déjà assez grande par les fatigues et le manque d’approvisionnemens.
Les choses étaient dans cet état , lorsque Philippe, ajournant son attaque contre Balaguer, et repassant la Sègre , s’approcha du camp des alliés dans l’intention de présenter la bataille ou de les forcer, en les harcelant, à abandonner une position par laquelle ils gênaient ses opérations. Il détacha, à cet effet, quelques corps pour faire des excursions dans le pays, et s’empara sur leurs flancs de quelques forts de peu d’importance.
Les mois de juin et de juillet s’écoulèrent sans que les deux armées fissent des progrès sensibles; mais vers le milieu de ce dernier mois , une petite expédition qui débarqua quelques troupes à Cette , dans la province de Languedoc, pour soulever les protestans des Cevennes, attira une grande partie des forces de JNoailles vers la frontière septentrionale de la Catalogne. Par cette diversion, les alliés eurent quatre mille hommes disponibles, et avec ce renfort, auquel se joignirent des troupes arrivées d’Italie , Charles se mit en