‹ L'Espagne Sous les Rois de la Maison de BourbonChapitre 18 sur 113 · CHAPITRE III ADDITIONNEL · texte numérisé non relu

CHAPITRE III ADDITIONNEL

excitaient à des' desseins hostiles. Ces diverses tentatives de rébellion, le gouvernement espagnol devait les considérer comme son propre ouvrage, puisqu’ayant favorisé, pour sa part, la révolte des colonies anglaises , il avait , en quelque sorte , abdiqué lui-même sa domination en Amérique.

Un des hommes d’état dont l’Espagne s’honore le plus dans les temps modernes, le comte d’Aranda , avait à peine signé la paix de Paris , qui garantissait l’indépçndance^des colonies an» glaises , qii’il tremblait déjà pour la sûreté des ’i ‘ colonies espagnoles. Voici à c8 sujet le mémoire qu’il adressa, avec le plus grand secret, au rd}; il fait honneur à sa prévoyance.

Mémoire remis secrètement au Roi par S. ' Ea;c.' le pomte d’Aranda sur l'indépendance des colonies anglaises., après avoir signé le Traité de Paris de

Sire , ,

Mon amour pour la personne auguste de Votre ‘ Majesté, la reconnaissance que je lui dois pour » tant de bontés dont elle a bien voulu m’honorer, , et l’attachement que je porte à mon pays, m’engagent à faire part à Votre Majesté d’une idée à laquelle j’attache la plus grande importance dans les circonstances actuelles. *

Je viens dé 'faire et de signer, en verlii des Ordres 'et des pouvoirs que m’a donnés Votre

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Majesté, un traité de paix avec l’Anglelèrre. Celte négociation que, d’après les' témoignages flatteurs de vive voix et par écrit de Votre Majesté, j’ai lieu de croire avoirélé remplie selon ses intentions royales, alaissé dans mon âme , je dois l’avouer à Votre Majesté , un sentiment pénible.

L’indépendance des colonies anglaises y a été reconnue. C’est là pour mpi un sujet de 'douleur et de crainte. La France a peu de possessions en Amérique ; mais elle' aurait dû considérer que l’Espagne, son inlinie aljiiée, en a beaucoup; et ^ qu’elle rpste aujourd’liui exposée à de terribles secousses. Dès le*commencement, la France a agi contre ses intérêts véritables en encourageant et en secondant cette indépendance : je l’ai ainsi déclaré souvent aux ministres de cptte nation: Que pouvait-il arriver de plus heureux pour la France que de voir se détruire mutuellement les A'nglais et les colons dans une guerre de parti , qui ne pouvait qu’augmenter sa puissance et favoriser ses' intérêts? L’antipathie qui règne entre la France et l’Angleterre aveugla le cabinet français : il oublia que son intérêt consistait à rester ^tranquille. spectateur de cette lutte; et une fois lancé dans l’arène, il nous entraîna malheul'eusement, 'en -vertu du pacte de famille, dans une guerre entièrement contraire à notre propre cause. ^ ' '*

Je ne m’arrêterai point'ici à examiner l’opinion

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