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pour l’accom plissement de leurs vues éelairées. On, cette stabilité, qui peut devenir funeste pour un peuple, si le gouvernail de l’Etat est confié à des mains inhabiles , est un des plus grands bienfaits loreque l’autorité est exercée par des hommes connaissant bien les intérêts généraux de la société, et travaillant à son bonheur.
L’attachement de Charles pour la justice et pour la conservation des l’ègles d’administration établies, était inébranlable : ce prince en était l’observateur le plus scrupuleux. 11 portait la sévérité sur ce point jusqu’à ne pas oser parler aux ministres en faveur des personnes attachées à son service domestique, pour lesquelles il avait une afTefction toute particulière , de peur que la préférence accordée pour une place à raison de sa faveur royale ne fit du tort à d’autres individus en état de la mieux remplir, et que par conséquent le servicç, public n’en souffrit. Un des ministres, persuadé 4e la capacité d’une des personnes que le roi estimait, ou cherchant à flatter, en 1)011 courtisan , les affections personnelles du monarque, la lui proposa un jour pour un emploi subalterne ; le roi entendit la proposition avec autant de sui-prise que de contentement; il demanda au ministre si cette personne avait réellement tou tes les qualités requises, et sur sa réponse affirmative, il ajouta : w J’ai bien des remercîmens à vous faire d’avoir songé à cet avance-
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ment, car je n’aurais jamais osé vous en parler. »
Dans l’intérieur de son palais, il se faisait respecter et aimer tout à la fois. 11 vivait dans la plus grande familiarité avec les amis de son enfance. Le duc de Losada, qui avait été auprès de lui depuis sa jeunesse, et pour qui le roi avait une estime toute particulière, faisait toujours la partie de cartes avec lui. On se disputait quelquefois sur le jeu : des propos assez vifs échappés parfois au monarque , dans la chaleur de la discussion , blessaient le duc, qui le lendemain témoignait son humeur en n’aUant pas voirie roi.
11 est fâché , disait Charles 111 , qui se rappelait la dispute de la veille, qu’on aille le chercher; et il lui faisait des excuses de sa vivacité.
Avec ces bonnes qualités, tant publiques que privées, Charles réunis.sait des préjugés peu honorables pour son esprit. Sa piété n’était point éclairée , ni exempte de superstition. Nous avons rapporté, dans le conrs de ces Mémoires , divers traits de sa crédulité peu réfléchie. En voici un autre raconté par Bourgoin , qui la confirme. On sait qu’il institua l’ordre de Saint-Janvier lors- • qu’il était à Naples, avec cette devise : in, sanguine jœdus. Sa foi, dans le miracle de la liquéfaction, était si aveugle, que Bourgoin lui entendit raconter qu-’étant à Naples , le miracle fut interrompu un jour. Vainement on agitait '
la sainte fiole, la liqueur restait coagulée On en