‹ L'Espagne Sous les Rois de la Maison de BourbonChapitre 3 sur 113 · CHAPITRE K’’ ADDITIONNEL · texte numérisé non relu

CHAPITRE K’’ ADDITIONNEL

chercha long-temps la cause, on la trouva enfin. C’est une tradition à Naples que pour que la liqué£action s’opère, il ne doit pas y avoir la moindre communication entre le corps de Saint- Janvier et son sang miraculeux. On visite avec soin le tombeau , on y découvre une fente dans la cloison qui sépare la fiole. On se hâte de réparer cette légère avarie, et aussitôt le sang recouvre sa propriété.

Il faut lui reprocher aussi l’inflexibilité de son caractère et l’ascendant qu’il laissait prendre à ses ministres en leur qualité d’interprètes de sa volonté. Le despotisme ministériel s’accrut sous son règne.

On connaît son attachement opiniâtre pour la routine, et l’empire de l’habitude sur son esprit. Les années se succédaient toujours avec la plus parfaite uniformité dans toutes ses occupations. Le jour, l’heure, la minute du départ de la cour pour telle ou telle résidence, étaient les mêmes, sans qu’il y eût la»moindre variation à cet égard. Nous avons raconté ce qui se passa à l’occasion des prières qu’il portait sur lui, écrites par le frère Sébastien (’). Une pareille bizarrerie était celle de porter constamment dans les poches de son habit, les instrumens des jeux de son enfance, que son valet de chambre n’oubliait jamais de passer d’un habit dans un autre, fût-ce même

(')ToineV, page 58. '

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celui de grand gala. Dans ses voyages au Pardo,' il avait l’habitude de descendre de voiture et de .s’arrêter auprès d’un arbre qui .se trouvait sur la route. Il le prit tellement en affection , que lorsqu’il fut question de construire la superbe route qui conduit à Madrid, il la fît détourner pour conserver son arbre chéri. Mais de tous les défauts de ce prince , celui qui mérite le plus d’être blâmé, est sa passion pour la cliasse. Non seulement elle occasionnait d’énormes dépenses , mais elle détournait" le roi de ses devoirs; car il donnait fort peu d’attention aux affaires lorsqu’il s’agi.ssait d’une battue. La nouvelle de l’apparition d’un loup, ou d’un sanglier, à la distance de plusieurs lieues de la résidence royale, mettait toute la cour en émoi.' Il .s’en fallait bien que les événemens politiques qui se passèrent en ^ Europe .sous ce règne , exerça.ssent une aussi grande influence sur l’e.sprit du roi, que la rencontre de quelques l)êtes fauves. Ce goût , porte à l'excès, dénaturait le caractère de Charles au point de le rendre injuste et cruel. On cite un trait de sévérité de ce monarque dont la source était dans sa pa.ssion pour la chasse.' Un malheureux paysan des environs de Madrid s’avisa d’aller, dans les forêts destinées aux chasses royales, prendre quelques glands qu’il destinait, dit-on, à alimenter sa pauvre famille. Un garde le surprit’ et trouva sur lui une dtmi douzaine de glands.

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