CHAPITRE III ADDITIONNEL. DQ
Ion par ces peuples pirates. Or, des forces maritimes auraient mieux valu pour atteindre ce but que l’envoi-- des troupes et l’entretien coûteux des forteresses inutiles, surtout dans un climat aussi meurtrier. On a loué avec raison la sagesse du gouvernement dans les premières années du règne de Charles IV, qui se décida à abandonner Oran, malgré des souvenirs glorieux, à cause des tremblemens de terre assez fréquens , et de la nécessité d’entretenir constamment une garnison nombreuse, parce. qu’il ne retirait au>cun avantage de sa posses.sion. Cette -politique judicieuse, qui mérite en effet des éloges, aurait dû diriger le cabinet de Charles III.
, Nous n’étions pas d’ailleurs, sous ce monarque, au temps dont parle Campomanes (') (le dix- • septième siècle ) , lorsqu’on calculait qu’il existait dans les prisons d’Alger seulement trente mille Espagnols, dont le rachat, estimé à mille piastres par individu, faisait .sqrtir d’Espagne trente millions de piastres; nous n’en étions pas réduits en 1775, comme nous l’avions été naguère, à avoir recours au pavillon éti’auger pour faire le» commerce sur nos propres côtes , par suite de l’interruption de, la navigation dans la Méditerranée ; nous nous voyions heureusement loin de l’époque à laquelle les provinces les plus riches et les plus fertiles de l’Espagne se trou-
(') Apendice a la Eduracion popular, t. 111 , j). 373.
6o CHARLES, 111.
vaient ruinées dans leur comrnerce et leur industrie. Notre marine, au contraire, pouvait , facilement punir les pirates de l’Afrique, et les enfermer dans leurs repaires, en maintenant seulement quelques bâtimens de guerre dans le détroit.