‹ L'Espagne Sous les Rois de la Maison de BourbonChapitre 29 sur 113 · CHAPITRE IV ADDITIONNEL · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV ADDITIONNEL

faire un reproche' spécial, puisque les Cbrtès e'taient tout-à-fait tombées en désuétude sous les derniers rois de la dynastie autrichienne ; excepté, dis-je, cette -participation des assemblées mftionales à la formation de^ lois, qu’il eût été honorable pôjir les princes de la famille de Bourbon de.rétablir, ils poursuivirent pour tout le reste avec zèle la régénération de l’Espagne. Ils tenaient fortement, il est vrai, à conserver leur' pouvoir absolu dans ses plus grands développemens; mais c’est une justice à leur rendre que d’avouer qu’ils voulaient faire le bien, et qu'ils en cherchaient les moyens et les occasions.

Bourgoin remarque avec justesse que les quatre règnes de la maison de Bourbon ( il écrivait SQUS Charles IV) ofl’rcnt le. tableau bien rare d’une succession non interrompue de quatre rois, sinon revêtus de qualités brillantes , au tnoins probes , humains, sincèrement pieux, qui peuvent n’avoir pas toujours- fait le bien avec discernement, mais qui cependant n’ont jamais fait le mal de leur propre volonté'(').

Ce fut sou§ Charles III surtout que la bienfaisance éclairée du: gouvecnement i^^égligea aucun moyen de relever le pays’. Au^ le règne de ce prince offre-t-il une série non interrompue de ministres jaloux' de régénérer la nation , en lui ouvrant les sources de richesses et de prospérité

{') Tableau de T Espagne moderne I, ]). a65.

que de déplorables errei#s et des abus de tout genre, avaient si souvent obstruées. Leur ardeur était si grande, et l’autorité royale leur paraissait tellement affermie , qu’^aucun danger ne les effrayait. On sait que les sciences morales et économiques font souvent naître des discussions très à craindre pour des gouvernemens qui ne veulent être gênés par aucun obstacle. Les ministres de Charles III, loin de s’en îdarmer, encouragèrent leur étude : par suite de leur système de perfectionnenaent, on vit établies à Madrid des chaires pour enseigner lé droit naturel et des gens (').

Ce ne fut qu’après avoir observé la direction effrayante de l’esprit de réforme au commencement de la révolution française, que le gouverne-

(') Philippe IV affecta, en 162$, des fonds à l’enseignement , et créa diverses chaires ponr les sciences et les lettres dans le college impérial de Madrid, qui se trouvait alors sous la direction des Jésuites. Une d’elles était spécialement consacrée aux sciences politiques et économiques : la tâche , du professeur était d’interpréter les, ouvrages d’Aristote,

Pt de concilier la politique de l’État avec les devoirs de la conscience et la religion cathoKque. Les Jésuites négligèrent ces sortes d’études , en ne s’occupant que de la grammaire et des htfés-lettres, malgré une assignation de dix mille ducats, romme plus que suffisante, à cette' époque,

' pour payer largement l’enseignemenL Lors de leur expulsion d’Espagne , Charles 111 , cherchant non seulement à conserver, mais à ‘modifier utilement les établissemens confiés à la'direction des Pères de la compagnie, rouvrit ces études par son ordonnance de 1770.' Mais, au lieu de la $

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