‹ L'Espagne Sous les Rois de la Maison de BourbonChapitre 30 sur 113 · CHAPITRE IV ADDITIONNEL · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV ADDITIONNEL

ment espagnol changea tout à coupà ce sujet; et de protecteur franc et avoué qu’il avait été jusqu’alors des améliorations, il devint, non sans raison, méfiant et ombrageux envers l’esprit soidisant philosophique qui me^i^ait de bouleverser les Etats de l’Europe , sous prétexte de vouloir les réformer. Comme nous ne nous sonjmes proposé que de traiter cette'parlie de l’histoire d’Espagne qui finit'à la mort de Charles III, <1 ne nous' appartient pas de signaler et d’apprécier l’influence que la révolution française exerça dans les consèils espagnols; d’autres écrivains auront cette tâche à remplir.

Nous allons donc rentrer dans imtre sujet, et tracer le ’ tableau des principales améliorations dont l’Espagne est 'redevable au gouvernement de Charles. Le mémoire ou compte rendu de Flo^da - Blanca , qui termine ce volume, ren-

cbaire de politique et d’économie où l’on interprétait Aris*tote , un nouveau pri^juseur reçut l’ordre d’enseigner le droit liaturél et des gens ^insi que de démontrer ses rapports avec la religion , la morale et la politique. Plus tard on donna une plus grande étendue à cette ordonnance car , entre autres choses, on mit pour condition à ceux qui voudraient être admis à exercer la profession d’avocat à Madrid , l’assistance à cette chaire' pendant un An , sans recevoir qui que ce fût dans le barreau de la capitale, à moins d’avoir justiHé ail.préalable l’accomplissement de cette condition qui était de rigueur : le roi établit, en outre, des prix de deux cents ducats en rente viagère pour ceux des élèves qui feraient des progrès plus signalés dans cette étude.

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fermant toutes' celles qui eurent lieü sous 'son ministère, lequel dnra à peu près douze ans, et même quelques unes de celles qui pre'cédèrent son administration , nous y renvoyons le lecteur. Nous nous (^uperons seulement des mesures qui n’ont pas été comprises dans ce document important. . > • •

Inquisiùvt.

• - , ■ • En moittant surle trône d’Espagne, Charles III

n’était pas personnellement disposé en faveur de cette institution barbare, fruit de l’aveugle fanatisnte , et que la raison a toujours abhorrée. 11 venait de déposer la couronne de Naples, où il avait appris par sa propre expérience que l’intolérance n’était pas nécessaire pour obtenir l’obéis- •sance et le sincère attachement des peuples ; mais il craignait de choquer le.s préjugés et les opinions des Espagnols, et de porter une attaque directe contre cette puissance auxiliaire de l’autorité ecclésiastique. liOrs de^ suppression de l’inquisition dans le royaume de Sicile,* don Manuel de Roda lui conseilla de suivre l’exemple de son fils le roi des Deux-Siciles ; le monarque s’y refusa, en ajoutant : Les Espagnols veulent V inquisition ; d'ailleurs elle ne me gêne en rien. Roda cherchant aloi’S à prouver au roi, par l’histoire d’Espagne, que du temps de Philippe l", de Charles I*'' et de Philippe V, on avait été sur le point de renver.ser le Saint-Office, et que des

CHÀPITBE IV ADDITIONNEL.

circoqstances frivoles s’étaient souvent opposées à 4’a^ccomplisseinent de. cette œuvre salutaire ; que Sa Majesté elle-même, ayant voulu réformer cette institution, on avait nommé sans succès une commission pour mettre un terme à ses abus; lé roi persista dans son refus, en disant : (f Je n’ose pas affronter la résistance d’une partié du, clergé et du peuple, qui ne sont point encore assez éclairés pour consentir à cette suppression (')••» Gliarles se contenta donc de mettre des bornes aux vexations de ce tribunal en adoucissant et en circonscrivant son pouvoir, de manière à aplanir les obstacles pour le rcnvei-ser un jour dans des circonstances plus favorables.

Eu effet, sous le règne de ce monarque , l’inquisition n’offre plus les traits de sou atrocité primitive.; elle était forcée d’avoir recours. à des ménagemeus ; lors même qu’elle frappait, elle le faisait avec une .timidité marquée, u Si l’on compare, dit Lloreute (’), le règne de Charles III avec celui de sou père Philippe V, il semble qu’ils aient été séparés par .un intervalle de plusieurs siècles. Les progrès des lumières furent très rapides pendant cette période, et les inquisiteurs des provinces eux-mêmes , quoiqu’il n’eùt été rien innové dans les lois de l’inquisition , adoptèrent ces principes de modération inconnus

(') ViLi.ABüF.VA , yie/a literaria, t. I, p. a 5 .

(*) Hisl- r Inquisition d’Espagne , t. IV, p. 79.

yS I CHARLES III.

SOUS les princes de la maison d’Autriche. On vit, à la vérité , de temps en temps, quelques rigueurs pour des motifs peu importans; mais j’ai lu des procès de ce règne dont la suspension fut ordonnée, quoique les preuves en fussent bien plus concluantes que celles qui ) sous Philippe II, suffisaient pour faire condamner les accusés à la relaxation (la peine de mort).

ic II faut convenir cependant qu’au milieu de ce système de modération le nombre des procès était encore immense, parce que toutes les dé-

nonciations étant admises’, on examinait, sans perdre de temps, les témoins de l’instruction préparatoire , afin de voir s’il résultait quelque charge de la nature de celles que les préjugés du sièele faisaient considérer comnte graves. Si sur cent procès commencés , il y avait eu seulemèht dix jugemens , l^e nombre des péniteuciés eût surpassé celui du règne de Ferdinand V ; mais le tribunal n’était plus le même : presque tous les procès étaient* suspendus au moment de décréter l’arrestation des dénoncés. Les événemeiis ayant appris aux juges à ne procéder qu’avec une sage lenteur, ils s’en tenaient fort souvent à V audience des charges; méthode inconnue du temps de Torquemada et de ses premiers successeurs. On prenait des moyens toujours modérés pour que le dénoncé se rendit au lieu où siégeait le tribunal, sous prétexte d’y traiter quelque .affaire.

Dk; î-l GliOgle

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