CHAPITRE IV ADDITIONNEL
Introduit secrètement dans la salle des audiences du Saint- Office, on lui faisait connaître les charges constatées par l’instruction secrète. 11 y répondait/ et retournait chez lui après avoir promis de comparaître une seconde fois lorsqu’il en serait averti. Quelquefois on abrégeait la procédure et on la terminait par un jugement qui n’imposait au condamné qu’une pénitence secrète, qu’il accomplissait sans que personne, excepté le commissaire du tribunal, en fût instruit, et sans, lui faire perdre la considération dont il pouvait jouir dans le monde :.on sauvait ainsi l’honneur des pei’sonneset des familles. »
(f Cette modération, dit ailleurs (') le même historien , se trouve confirmé^ par le très petit nombre à! auto-da~fé célébrés dans les derÂprs temps : quatre personnes seulement furentlivrées aux flammes pendant la période de vingtneuf arts. Tous les autres procès furent terminés par des ùuto-da-jé singuliers. On conduisait le condamné seul dans une église pour lui lire la sentence, lorsqu’elle avait été approuvée par le conseil de la Suprema , e^sans attendre qu’il y eût un plus grand.nombre de condamnés, pour 'en faire un seul xiutô-da-fé particulier. >r'.
I/esprit, cruellement affecté par les scènes d’horreur et d’intolérance si fréquentes dans l’histoire d’Espagne, se trouve enfin soulagé en entre-
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8o CHARLES III.
voyant l’aurore du retour aux sentimens" d’une pieté-douce et bienveillante^ et en assistant aux progrès, quoique leiits et tardifs, de la vérité dans un pays si long-temps livré aux horreurs syslépaatiques du fanatisme religieux. L’instruction qui avait commencé à se répandre sous le règne de Philippe V, et dont les progrès avaient été-remarquables sous Ferdinand VI , donnait enfin ce l’ésultat satisfaisant sous celui de Charles III.
Un nombre considérable d’Espagnols éclairés qui entouraient le trône de ce monarque, travaillèrent avet; succès, et d’une manière ouverte , à assurer le triomphe de la raison , en renversant le tribunal abominable , source de tous les maux de la patrie. Par malheur ils avaient affaire à un rqîpui partageait, à la vérité, leurs sentimens sur cette odieuse jifridiction, et sur la nécessité de la détruire > mais qui écoutait les Cônseils d’un moine ignorant.et fanatique, le confesseur Eleta, dévoué ayx intérèt.Vde la superstition, défenseur ardent et passionné du Saint-Office. Placé entre les deux partis, le monarque neutralisait, pour ainsi dire,» les foi’ces de l’un et de l’autre. La philosophie , qui répandait des flots de lumière au-delà, des Pyrénées, comptait pour elle les ministres de Charles III ; mais l’erreur, de son côté , menacée dans les institutions sur lesquelles elle à’était appuyée jusqu’alors , faisait les derniers efforts pour les soutenir.
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