CHAPITRE V ADDITIONNEL. lOI
membres de la société ; Ip jeudi on faisait de la musique , Je vendredi était consacré à la géog^^ phie, le samedi l’était aux affaires du temps, et le dimailche on donnait des concerts. Le comte de Pena-Florida, l’âme de cette réunion, était dévoré de l’amour des sciences et du désir de voir son pays lieureuif. Peu d’instrumens et de machines formaient à cette époque le laboratoire qui servait aux démonstrations scientifiques de la société ; tout se bornait à une machine électrique, de la première construction de l’abbé Nollet, et à une machine pneumatique qu’on fit venir de Londres. C’était à Azcoitia que cette assemblée littéraire se réunissait ; et quoique l’académie fût à peine naissante, on y voyait, dans ce petit coin de la Biscaye, des partisans des systèmes de Nollet et de Franklin pour les phénomiènes électriques. Pendant que les moines chargés de l’enseignement dans l’université de Salamanque s’évertuaient pour l’examen des questions oiseuses d’une métaphysique insaisissable, les Jésuites d’ Azcoitia et de Loyola respiraient à leur aise dans une atmosphère plus heureuse, et, secondant les vues de la société littéraire, suivaient des routes entièrement opposées à celles d’autres moines de diverses parties de l’Espagne, propageaient les connaissances utiles, et remplaçaient les abstractions de l’école, prétendue péripatéticienne, par les notions non moins vraies
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qu’instructives de la physique et de riiistoire iiatu- ^^le. Pour preuve de l’amour ardent des sciences qui régnait dans cette partie de l’Espagne,^ il su dira de dire que dans la seule petite ville d’Azcoitia il y avait, quelques années plus tard, quinze personnes abonnées à V Encj'clopédie.
Malheureusement, sur ces entrefaites, deux des individus les plus éclairés de la société moururent : ce fut un coup terrible pour le comte de Pena-Florida , qui craignait de voir finir l’association, ne comptant encore que peu d’années d’existence.. Mais, puisant de nouvelles forces dans son zèle ; il se livra à de nouveaux travaux , et rédigea un projet d’agriculture et d’économie rurale, qu’il présenta à la junte générale de la province de Guipuzeoa , tenue à Villafranca : celle-ci l’approuva, et témoigna au comte sa reconnaissance ; mais divers obstacles empêchèrent
de mettre à exécution cette bonne idée. Un heu- \
reux hasard vint s’olFrir au comte pour l’exécution de ses vues philosophiques. Les villes de Bergara et de Beauvain se disputaient entre elles l’honneur d’avoir donnéà l’Église un saint, qu’on devait appeler, selon Bergara, saint Martin d’Jguirré , et , selon Beauvain , saint Martin de Loajnas. Le Saint-Siège fut saisi de ce procès, et le pape donna une bulle en faveur de Bergara. On ne pouvait que célébrer par des fêtes un triomphe aussi honorable; le comte fut’ chargé
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de les dirige!’. Enti'e autres amusemeiis qu’il pré' para , il y avait un opéra qui devait être exécuté par des amateurs de la province, appartenant à la première noblesse dit pays, auxquels il distribua les rôles qu’ils devaient jouer. Après les répétitions qui. furent jugées nécessaires', la représentation eut lieu avec un succès des plus brilians. La cordialité la plus franche régna parmi les personnes qui y prirent part : ôn était si enchanté les uns des autres-, qu’il était impossible de se séparer sans fixer une époque pour se réunir de nouveau. Ce désir donna' ILcu à la formation de la Sociedad Bascongada. Une séance générale fut arrêtée, laquelle dévait avoir lieu une fois par an. Le comte de' Pena-Florida , toujom-s zélé pour les sciences, et attentif à tout cequi pouvait en favoriser les progrès, fit tourner , à leur profit les sentimens afl’ectueux et’les épanchemeus de l’amitié, ' •
Dans le mois d’août^ de i';65, la iiociété eut l’approbation du roi, qui nomma pour président le comte de Peiîa-Florida : cet honneur, il l’avait su mériter jusque-là par son zèle, et il ne fit que le justifier depuis par ses travaux. En 1766, il publia un essai sur la Société Bascongade, dédié au roi, dans lequel il rend compte de l’objet que cette corporation .se proposait dans ses travaux/
Il n’est pas dénué d^jntérêt, en ce qu’il fait voir la tendance des esprits vers des améliorations
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Utiles. Outre le discours préliminaire sur la nécessité d’encourager l’agriculture, et sur les facilités qu’otîrait pour cela îë pays des provinces basques espagnoles, on y, trouve un mémoire concernant, i®. la diversité des terrains, la méthode pour les apprécier, avec l’exposé des plantes auxquelles ils sont le plus favorables, les engrais naturéls et artificiels nécessaires aux prairies, la culture des terres pour le blé, enfin les travaux préparatoires dont il faut s’occuper pour faire la récolte; a”, sur les plantations d’arbres; 5°. sur l’économie rurale, c’est-à-dii-e, sur le lin, le chanvre, la laine, la soie, lé bétail, les chevaux, les mules et les abeilles.
Le second niémoire a pour objet le commerce et l’industrie, et. la nécessité de réunir cette der- ^ nière à l’agriculture pour pouvoir en tirer un parti avantageux. On y examine l’origine, les progrès et l’importance du commerce, les amé-liorations dont il est susceptible chez les Basques-Espagnols, ainsi que sur les préjugés qui existaient en Espagne contre le commerce, et l’estime qu’on doit lui porter.
Le troisième mémoire du comte de Pena- Florida renferme des observations sur la salubrité publique , et les l'avages de la petite vérole à Azeoitia, dans les années 1762 et 1765.
Le quatrième enfin comprend , entre autres conseils importans sur l’économie domeptique.