‹ L'Espagne Sous les Rois de la Maison de BourbonChapitre 39 sur 113 · CHAPITRE V ADDITIONNEL. ^I · texte numérisé non relu

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la description d’une machine pneumatique pour conserver la viande sans être expose'e aux atteintes de la corruption. ,

Parmi les objets qui appelèrent l’attention de la Société , le premier fut l’éducation de la jeunesse. C’est à elle que l’on doit la création du séminaire de Bergara^ où furent bientôt réunis, sous la protection de la Société , un nombre considérable de jeunes gens appartenant à des familles distinguées, pour y recevoir une fexcellente éducation. Jusque-là les parens avaient été obligés d’envoyer leurs enfai!^ dans l’étranger pour y recevoir une instruction convenable; grâces à cet établissement ils avaient désormais tous les moyens de les élever dans leur propre pays. De bons maUres de mathématiques, de chimie, de physique, d’histoire^ de dessin , leur apprenaient toutes les connaissances qu’ils auraient pu chercher hors de l’Espagne. I,aj , collège parut digne de servir de modèle. La Société- ne borna pas là ses soins ; elle forma aussi une excellente maison de bienfaisance (hospice) dans la ville de Vitloria.

On voit, par cet exposé rapide, que la Société, sous la direction du comte de Pena-Florida , avait pris la véritable route , et qu’elle méritait d’être proposée pour modèle aux autres villes du ; royaume. En effet, l’ordonnance royale qui autorisait son établissement, en date du 8 avril ij65 , portait expressément (fjque le but de sa réu-

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nion était des plus louables , et entièrement conforme aux maximes que le roi cherche à répandre parmi ses sujets pour le progrès des sciences et des arts. S. M. voudrait même que l’exemple domié par les nobles des provinces basques fut imité par les gentilshommes des autres provinces du royaume, en provoquant comme eux des établissemens aussi utiles à la gloire de l’Etat. »

Ea ^ciété continua à s’occuper sans relâche des objets de son institution, sans être «pourtant imitée par les autres provinces, jusqu’à ce que quelques habitans de Madrid s’adressèrent* en 1776, au Conseil de Castille pour établir une semblable association dans la capitale, pour qu’elle pût servir de modèle à d’autres daqs l’intérieur du royaume; ils faisaient mention dans leur demande des conseils et des règles que le ma^strat vertueux 'et éclairé’, comte de Campomanes, avait tracés à ce sujet, dans ses discours sur V industrie et sur \ éducation populaire. Il n’est pas besoin de dire que le conseil, animé à cette époque de l’esprit dudit comte, qui en était le gouverneur ( président), s’empressa d’adopter et de sanctionner des vues aussi éclairées et aussi patriotiques.

Dès que Madrid eut organisé la Société économique , et qu’à l’exemple des princes de la famille royale et dç toutes les personnes de distinction , on s’émpressa de s’y inscrire et d’en faire partie, on ne pouvait pas douter de l’influence

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de cette association sur le système et sur la marché mêm<?du gouvernement en matière d’économie publique. Des mesures importantes furent prises, sur les représentations de la Société économique de Madrid, telles que la défense faite,, par l’ordonnance du g juillet 1778, d’introduire dans le royaume des bonnets, des gants, des bas, des ceintures pour hômmes, appelées faxas ^ et autres objets manufacturés en lin, chanvre, laine et coton; et l’ordonnance du 24 ttiaiS 1 779, qui défend également l’importation de; toute espèce d’habillemens, meubles^ etc. Une autre ordonnance d’une importance, majeure , celle du 1 8 mars 1785, fut également rendue sur un exposé de la Société de Madrid; elle déclare compatibles avec la noblesse les professions de tanneur, forgeron, tailleur, cordonnier, ébéniste, •etc. Le conseil chargea aussi la Société d’examiner les régleniens des corporations de marchands , pour qu’elle lui proposât les moyens d’opérer des améliorations dans cette branche importante de la législation. Elle fut chargée également, parle même conseil, de toiit ce qui avait rapport à l’établissement et à l’organisation dès hospices, et , à d’autres objets compris parmi ceüx de son institution. Tout le monde connaît, par 1 © rapport que Jovellànos fit en son nprn au sujet du perfectionnement des lois agraires, e^ qui peu.t passer pour un traité d’économie publique espagnole,

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la part que la Soci^ prit dans les réformes essentielles que le gouvernement souhaitait'de faire.

On peut voir dans les Mémoires de la ^ciété de Madrid qu’aucun objet d’agriculture, d’industrie et de commerce n’échappait à la disciission ; que des prix étaient distribués chaque année' à’ , ceux qui approfondissaient le mieux les problèmes d’économie proposés par elle ; que l’on avait soin de faire connaître aux Espagnols tous lés ouvrages importans qui paraissaient chez les nations étrangères syr ces matières. Deux Inslitutions précieuses furent l’ouvrage de la Société de Madrid. La . première est la création des écôles patriotiques gratuites , destinées aux filles pauvres , dans lesquelles on leur apprenait à faire des ouvrages à la portée de leur âge , en même .temps qu’on leur dqnnait quelques modiques secours pour . lifi engager à y concourir. .On fit venir toutes sortes de machiues pour filer et pour les’autres' o^rations analogues. On réunit des fonds; tous les gens riches s’empressèrent d’y contribuer. Le gouvernement y destina près de iqü,ooo fr. , provenant des biens des Jésuites, pour établir un Mônt-de-Piété, sous la direction et la surveillance de la Société, dans le but de fournir les matières premières, en chanvre, lainaet coton, aux femmes et aux- filles pauvres, en leur proourant-une occujjation honnête qui leur donnât la subsistance, et pùt les . encourager au travail.

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Ces écoles réussirent parfaitement : \es curés de Madrid se prêtèrent à instruire les jeunes filles dans la doctrine chrétienne; et par un accord unanime on chercha à améliorer la condition de la classe moins aisée du peuple , et à- préparer le bonheur des-générations à venir.

Une autré institution, qui dut son existence à la Société de Madrid, fut la Société des Daniei, qui fît partie de la Société économique, avec l’approbation du roi, pour toutes les affaires industrielles qui avaient des rapports avec leur sexe. C’était la première association de cette nature qu’on eût jamais vue en Espagne, oùl’on n’avait connu que des njonastères, des congrégations pieuses, des confréries ou des réunions semblables de femmes. ^Voici ce qui donna lieu à la création de cette Société.

Doua Maria-Isidore-Quintina-Guzman y Lacerda, fille du comte d’Onate, s’était fait connaître par une capacité singulière et une vake instruction. L’université d’Alcalà lui avait' décerné le grade de docteur en philosophie, réservé ' exclusivement jusque-là aux hommes, et cela sur la recommandation du roi, qui voulut abroger par ce cas spécial et exceptionnel toutes les lois et statuts existans à ce sujet. Après cette cérémonie, qui ■eut lieu avec une pompe extraordinaire , elle fut nommée membre honoraire de philosophie moderne par la même université, et conseillère

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ptirpétuçlle dans la même Faculté. Académie royale de l’histoire et la Société royale Bascongade la reçurent également dans leur sein.

Iæ duc d’Osuna, directeur à cette époque de la Société économique de Madrid, voulant imiter la conduite de ces corporations envors une dame qui honorait et son sexe et la classe de la grandesse d’Espagne, à laquelle elle appartenait, fit entendre à la Socié^ qu’il serait très convenable et en même temps très agréable au roi de^lui envoyer, lé diplôme de membre de la Société. La proposition fut accueillie par une acclamation générale. Des égards pour le duc président, et l’intérêt que la^dudiesse sa femme avait pris à la Société, ainsi que qutdques opérations d’économie rurale et industrielle qu’elle avait encouragées dans Ses Etats , portèrent quelques membres à demander aussi l'admission de la comtesse de £enavente, duchesse d’Osuna. On avait agité, depuis le commencemeutde l’existencede la Société, la question sur la convenante d’y admettre des dames,. distinguées parleur rang et par leurs lumières en matière d’industrie propre à leur sexe, afin qu’elles pussent diriger les occupatipns de la Société à ce sujet ; mais des considérations faciles à deviner avaient fait suspendre toute décision sur cette affaire. On reprit la discussion, pour laquelle on forma une junte spéciale; et, avant qu’elle l’eût lermihée, la Société reçut un ordre du roi, trans-

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