CHAPITRE TI II ADDITIONNEL. l
lonies. Iæ codé ^ qui les renferme est regardé avec raison, par les Espagnols, comme un monument honorable de l’esprit et de la doctrine de leurs hommes d’état qui les ont dictées.
Malheureusement pour l’Espagne, et pour ses
moins que beaucoup d’autres conquêtes faites postérieurement dans les mêmes contrées par des soldats d’autres nations de l’Europe. Ciependant^ comme les moines espagnols étaient intérAsés à gouverner les Indiens, à mesure qu’ils les convertissaient, et qu’ils se trouvaient bien de la domination absolue qu’ils exerçaient sur eux, ils n’épargnèrent aucune démarche pour déconsidérer les conquérans et lès autorités envoyées par la .métropole. Telle est la véritable source des calomnies sauf nombre répandues contre las ËspagiK^s. Toute intervention de l’autorité 'civile paraissait insupportable à ces partisans du gouvernement sacerdotal , parce qu’elle contrariait leurs projets , et s’opposait à l’accomplissement de leurs vues intéresses. Peu leur importaient les droits de la couronne et ceux ou peuple qui venait de découvrir etitontjuérir l’Amérique, pourvu qu’ils parvinssent à organiser une administration théocratique. C’était là leur but hautement avpuS. '
Casaus établissait en principe que l’autorité du pape •pouvait seule donner au roi d’Espagne iih titre légitime à la souveraineté , »ur les possessions nouvellement découvertes {.encore cetlu souveraineté, il l’entendait à sa manière , car elle ne devait être qu’une sorte de protectorat ou de suprématie qui laisserait aux rois et aux seigneurs indiens toute la plénitude de leurs droits" sur leurs vassaux et leurs subordonnés { c’était le seul moyen, disait^il, de pouvoir" établir ‘la religion chrétienne , seul titre qu’il fût ])crniis d’alléguer pour dominer dans çes pays. M. de Na-
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coloûies , 1 immense étendue de celles-ci , et leur éloignement de la métropole, ont empêché, souvent l’accomplissement dé ces vues bienveillantes et rendu inutile la sagesse des meilleüres dispositions légistatives. Lé pouvoir des distances , pour
^ arrête (*), à qui nous empruntons cet exposé de la doctrine tle Casaus , fait observer avec raison qu’il pouvait y avoir, dans son système , quelques idées excellentes , très appropriées au caractère d’un, ecclésiastique* puisqu’on effet la douceur évangélique, le lan’gage de la charité, la persuasion toute pacifique , convenaient parfaitement à’ celui qui ejierçait un ministère sacré ; mais il ajoute qiîe cés idées étaient entièrement romanesques, et contraires à la saine politique, 1 obéissance des peuples cpnquis devant être garantie "par d autres moyens plus réeU et plus efficaces que par dçs exhortations et des homélies. Cependant tout a\itre moyen qiife la persuasion et la douceur paraissait à l’évêque. Crime, usurpation, tyrannie etr désordre. Si l’amiral Colomb proposait des lAsures sages pour tenir dans la dépendance les habitans d'Mispaniola , Casaus h’y voyait qa’oppressian et destruction des Indiens ; si l’ori choisissait quelques uns de ces derniers pour interprètes ou pour les présenter au roi’et à' la reine d’Espagne, c’était à ses yeux une injustice atpoçe , une offense^ envers Dieu et tes hommes .que de les séparer de leurs familles, même pour un certain laps' de tempsi S’agissait-il de lever quelques impôts , soit pour . subvenir aux dépenses d’une entreprise , soit pour montrer au roi et à la reine la richesse et les productions 'du, pays , de telles opérations étaient tyranniques et d’une violence » , extrême; en un mot, il se montrait constamment dirigé par une imagination exaltée. Au lieu de suivrê'les conseils d’un
(*) f'iages marilimos de Coton. Introduction , pag. lxxi.^