CHAPITRE VIH ADDITIONNEL. l
nous servir de l’expression de dan George Juan et de don Antonio de Ulloa, da.Tàs\ewr R apport secret au roi Ferdinand T I, Sur t administration du Pérou ej du Ijhili , a donné de grandes facilitéç aux vice-rois et aux gouverneui's pour l’infraction des
jugement sain et nifl^chi , il se laissa cmposter par son zèle ardent et amer, sans tenir aucün compte des Véritables pHncipes de politique et de prudence. On r^emarque'daiis ses discours une sorte d’irritabilité monacale, et un penchant irrésistible au blâme et à la contradiction , alors qu’il aurait dû se borner à rapporter fidèlement les faits , comparer leur valeur réelle, et déterminer leur influence.
Robertson lui-même, continue M. de Nâvarrète , a q|ialifié ses opinions de ■visiblement exagérées, et <1 abandonne plusieurs fois son témoignage sur les affaires d'’Amériqne. Xe pète Charlevoix, dans son Histoife de Saint-Domingue, tout en d.onnant des éloges a l’értidition et au zèle de Las- Casas, lui reconnaît le défaut d’une imagination exaltée. Pareille opinion a été émise par l’Académi»^ roya'le de Madrid. En un mbt, Las-Casas, il faut biep le dife, parait toujours un prélat vertujïux , ayant l’esprit ôrné de vastes connaissances i nu, auteur laborieux et Véridique , qui commande I* respect et la vénération, tant qu’il n'est pas monté sur son cheval dè bataille taot qu il ne caresse pas son idée favorite de système de domination eu Amérique} car alors il devient tout-à-fait' inconséquent dans ses principes, injuste dMs ses jugemens, et sur les fait* et sur les personnes qyi y ont pris part.
Cè qui, d’ailleurs , prouve'pèreplptoirement que l’évêque a senti lui-nlêmé la bizarrerie et lef dangers de ^ses opinions, A qu’il s’attendait qu’elles choqueraient les esprits par lebr singularité et leur hardiesse , c’est .qu’-il laissa
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lois, OU favorisé toufau moibs leur insouciance sur le Hen-être de leurs adpainistrés, assurés qû’ils étaient de leur iiupunité à raison de l’espace qui séparait les colonies et la métropole, ^joutons que les véritables principes de la science
une note écrite de sa projice main , dans les deux premiers volumes de sôn ouvrage , par laquelle il recommande aux snpérieuVs dq collège de Saint-Grégoire, de' l’ordre des prédicateurs de Vialladolid , de né point permettre la lec- ' ture.de ses manuscrits pendant quarante ans , ni )Aix jeunes moines ni à aucune autre personne ; passé ce terme , on pourra les imprimer, si cela peut être utile aux Indiens et à l’Espagne à lit fois. t
Si , après avoir indiqué la source des assertions trop légèrement répétées sur la cruauté et les vexations des Espagnols , il nous était, pérmis d’examiner d’autres reproches sur l’administration des Indes, nous pourrions faire voir également qu’ils n’étaient pas tous fondés. L’Espagne n’a pu régir l’Amériqqp'qnc d’après l’état de sa propre civilisation. On voit,dansIenQÛve'aii continent, de graiidef et magnifiques villes, de superbes etnombretlsBa.cathédralcs,des universités, des séminaires, des écoles, des sociétés littéraires et scientifiques, des tribunaux , en qn mot, une organisation sociale ^asée à peu près sur celle de l'Espagne elle-méme.. Sans doute il faut regarder comme un malheur < ..non seulement pour les cofoniés, piais encore pour la mère-patrie, les faux principes économiques qui ont dirigé long-temps les conseils espagnols, car une administitation éclairée aurait assuré 1^ bonheur des deux pays; mais puisque l'Espagne elle- • même expiait le tort S’avoir consenti ^hex elle Tintolérance civile , par l’asservjsseméBt , la^pauvrèté, et l’ignorance qui en avaient élé'les résultats, pouvait on exiger ({a'elle donnât
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économique ayant été pendant loqg<-temp» mal cotnprisen Espagne , les réglemens pour l’agriculture ; l’industrie et le commerce des colonies> n’ont pu que porter l’empreinte des fausses idées' qui régnaient généralement à ce sujet. Lorsque
à l’Amérique dîautres lois, d’autres mœurs ^ et d’autres usages que qu’elle avait, avec leurs avaiîtages et leurs inconvénieos ? On sait que la Péninsule elle-même a trop négligé l’industrie nationale, et qu’elle s’est mise, par son imprévoyance à cet égard , dans la dépendince dé l’étrangep. Peut-oh donc s’étonner qu’elle n’ait point favorisé l’indus-. trie en Amérique ? Cependant il s’en faut bien que la métropole ait adopté pour elle d’autres maxin^s économiques que pour -les colonies. A l’égard de l’industrie surtout, celle de quelques contrées d’Amérique n’annonçait pas un système de défiance et de haine constamment suivi , de la part du gouvernement Espagnol , ainsi qu’pn s’est plû à l’affirmer. « IWalgré toutes les entraves , dit M. le baron de Humboldt. (*) , certaines manufactures n’ont pas laissé de prendre .quelque essor depuis trois siçclcs , pendant lesquels jes Biscayens,’ les Catalans, les Astnri'ens et les Valenciens se sont établis dans le. Nouveau- Monde, et y ont . porté l’industrie de leurs provinces. Les. fabriques de grps ouvrages ont pu travailler à un prix très bas , partout où les-maticres premières abondent, et où le trausporl renchérit les marchandises de l’Europe et de l’Asie orientale. En temps de gperre le manque de communica- tioAs avec la métropole., et dés réglemens prohibitifs du commerce avec les, neutres, ont favorisé l’établissement des manufactures de toiles peintes, celles de draps fins et de tout ce qui tient à on goût plus recherché.
. (♦) Rstai sur la KouytUe-Espagne.
CHABLES III
des vues erronées et étroites dirigeaient la plupart des mesures administratives dans la'Péninsule, il n’est pas étonnant que le même esprit dictât celles qu’on prenait à l’égard des Indes.
Les métropoles ne' sauraient régir leurs colo-
« Il y aTait des manufactures d’ouvrages de laine et de coton dans l’intendance de Gnadalajara , de I^ebla, Quêretaro ^t San^Miguel-el-Grande ^ on y à ajouté depuis celles de G'uadalajara , de Lagos , et d’autres villes voisines. Il y a aussi des manufactures de draps , de soieries , de tabac , de saVon,de faïence et de chapeaux. On comptait, en 1793, quarante-six fabriques de porcelaine et poterie. On a éta- , bli , en 1780, 'four le compte du roi, une manufacture royale des poudres, à Santa-FT-, à trois lieues de Mexico; les édifices en sont très beaux.
« Quant à l’orfèvrerie., il y a peu de pays dans lesquels on exécute, annuellement un nombre plus considérable de grandes pièces en ce genre, de vases et d’ornemens d’églises, qu’au Mexique; les villes les plus petites ont des orfévrès dont les ateliers occupent des onvriers de toutes les castes , blancs , métis et Indiens. L’A.cadémié des Beaux-A/'ts et lés écoles de dessin de Mexico et de Jalapa ont beaucoup cqotribué à répiandre le goût des belles forrties antiques. On a fabriqué , dans ces derrfiers temps , à Mexico , des scr- . vices de table eu argent, du prix de i 5 o à aoo nfille francs, qui., pour l’élégance çt le fini de l’exécution, peuvent rivaliser avec tout ce qu’on a fait de plus beau eri ce genre dans les parties' les plus civilisées de l’Europe. . ,
« L’Hôtel des Monnaies de- Mexico mérite de fixer' l'attention du voyageur, par l’ordre , l’activité ef l’écoiiomie qui régnent dans loutes les opérations dû monnayage. ' a On a exécuté réceraident en bronxe doré, des cande-
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nies que d'après l’état de leur propre jnvilisation; Cette règle est générée pour tous les peuples. Or , ce n’est point l’Espagne seule qui a suivi de faux prinçipes en matière d’administration coloniale^ Les autres nations' de l’Europe ont aussi écouté fort long-temps lej conseils de l’égoïsme dans l’administration de leurs colonies, qu’ils ont dirigées d’après des calculs étroits et mesquin^. L’Espagne a même été, à. certains .égards , plus libérale dans ses concessions que d’autres peuples de l’Europe. « Les rois d’Espagne, dit M. le baron de Humboldt ('), en prenant le titre de Rois des Indes , ont considéré ces possessions lointaines plutôt comme parties intégrantes de leur monar^ chie, comme des provinces , dépendantes de la couronne de Castille, que comme des. colonies,
labres et d’autres ornemens'd’un grand prix pour la Rpu-
•relie cathédrale de la Puébla. Quoique les voilureS élégantes ' qui roulent dans les rues de^Metico et do ,Santa-F6 de Bogota, à a 3 oo et 2700 mètres au-dessus de la snrfajce' de la mer, soient rennes de Londres, on en ' fabrique 'd’aussi belles à la Nouvelle -Espagne. Les ébénistes, y exécutent des meubles remarquables q>ai' leur forme et par là couleur et le poli du bois, que l’on tire de la région équinoxiale voisine dès côtes , surtout des forêts d’Orisaba , de .'San- Blas et de Colima. On fabrique 'à puràiigls , ülsiant de aoo lieues de la capitale, d^s clavecins' jet des pianos. ■
Le témoignage de M. le baron de Humboldt^ne sera pas suspect pour quiconque aura lu ses divers et îiilérrssans ouvrages sur l’Amérique méridionale^ ' • •
(') Essai sur la Nouvelle-Espagne.