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dans le sens allaché ^ ce mot depuis le seizième siècle par les peuples commerçans de l’Europe, On aseiîlidebonne heure que ces vastes contrées, dont le littoral est généralement moins habité que l’inlérieür, ne peuvent paS être gouvernées comme des ilôts épars, dans Ja mer des Antillés*. Les circonstances ont Jorcé la cour de Madrid à adopter un système moins prohibitif, et de IOt lérer ce qu’elle s’est vue dans l’impossibilité d’empêcher par la force. Il eA est résulté une légis&tiqn.plus équitable que celle^^^ui gouverne la -plupart des autres colonie du nouveau continent. Itans Cbs dernières, par . exemple, il n’est pas permis de raffinêr le sucre brut. Le propriétaire d’uoe plantation est .obligé de racheter les productions de son propre sol au fabricant de la métropole. Aucune loi ne défend l’établissement • des Taflineries de "sucre dans les possessions de l’Amérique espagnole^ Si le gouvernement n’y encourage pas les manufactures, s’il emploie des moyens indirects pour émpêcher l’établissement de ccyes de soie, dé. papier et de cristal, d’un autre côté aucun arrêté de V auçLiencia , aucune cédule du W ne déclarent que les manufactures ne doivent pas exister au-delà des mei’s. Dans les ■colouies il ne faut pas confondre l’esprit des lo^v avec la politique de ceux qui exercent l’autorité. » Mais, tout en accordant au gouvernement de Madrid des intentions bienveillantes envers les
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habitans de rÂmérique, et ün esprit incontestabjie^d’dquite' dans sa législation pourries Indes, nous «omrnes forcé d’expliquer des faits qui paraissent d’abord contraires à ce^ àsserlions , voir : que la richesse, l’industrie, la population des colonies espagnoles ont fait peu de progrès,’ tandis que. i’Espagné , de son- côté , s’est épuisée elle-même depuis la' découverte de ces possessi<^ÿ-: Ce n’est <^pas sans étonnement que l’on .voit en effet de peuple espagnol, maiti'e d’utf nouvel hémisphère, dont le sol encore viergè- ■ abondait en tontes sbrtes de' riches produÿons, et vivaht1ui-mêmé sous un. des plus fortunes cli- ' mats, 4e l’Europe , s’appauvrir au sein même de tant de' richessë?, et commencer une décadence graduelle et progressive,; au moment où il ahrmt dû acquérir, par suite même dé sés découvertes et desesconqüêtés, un ascendant marquésur les autres nations de l’Europe. C’’est à tort que les Espagnols disent que l’or de l’Amérique, les ’îf rendüs .pauvres. Il serait plus juste de reconnaîtrè quêles. faütes de leur gouvernement ont amené unT aussi fâcheux résultat, en dépit même de l’or provenü
• decespossessions, Au lieu des immenses avantages en tout genre qu’une admini.Stration éclairée aurait pu tirer de la. possession de l’Amérique > Ip gouvernement, enAanté de la facilité que lui offrait, pour sortir de ses cmbai‘ras, l’arrivée des
• galions chargés de piastres, négligea les iiQm-»
Diu
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hreûses manufactures nationales, et il se rendit tributaire de l’irtdustrie d’autres peupli^ qui ont profile de son incurie. Sam doute Tadministration 'dispendieuse des provihces éloignées, des guerres entreprises la plupart sans un but bien 'déterminé d’utilité générale, l’intolérance civile, la dépendance où l’on s'était placé du clergé et de. la cour de Romej'ices diverses causes étaient plus que -sùllisa nies jiôiir préparer l’appauvri|pe- 4nentrde l’Espagne, quand ’mêqae’elle n’eût pas possédé l’Amériqué ; mais outre que ces obstacles luiraient pu être graduellement écartés par des hommes d’état qui auraient bien connu les véritables sources du bonheur des peuples, la nécessité n’aurait pu que modifier du moins l’aCtion funeste de ces causes, alors qu’il n’eût pas •été possible Se la détruire entièrement. En effet, si les frésors des Indes n’eussent pas. fourni au gouvernement le moyen facile de pourvoir a ses plus prqssans besoins, force eût été de s’en prociireren cherchant à améliorer les lois ,-et à augmenter la riches^ nationale par l’agriciilture et le commerce. \ .
Les opinions politiques et religieuses des Espagnols n’ont pas peu contribué , il faut l’aVouer, à tarir les sources de la pro^érilé publique dans les deux hémisphères. Ceux qui revenaient d A- . mériqne en Espagnè , après y avoir fait fortune , soit dans le commerce , soit dans les placés de '
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' l’administration , comme ceux qui s’y établirent par suite de la conquête', ne songèrent qu’a fonder
des Çonfrérieè, bâtir.dés couvens et créerdes sub- '
• stitutions; les fondation^ pjeuses et les majorats^ , aug^mentêrent ainsi daas la métropole et dans ses* colonies les biens de nictin-mortey au grand détriment ‘de l’agricultu re e t de la richesse nationale .
Mais parmi les divei^es causes que nous Veno«s d’indiqueif comme ayant contribué plus ou moins à l’appasivrissemeni de 1 Espagne et de , ■ ^ ' l’Amérique, aucune n’a eu •une influence plus.
marquée, viious le répétons, que l’ignorance de. liadministration en nSatière d’écononlie publique.
Pour peu qu’elle eût accordé quelque liberté à / ^
l’agriculture, à l'industrie et au Commerce, là#
deux pays auraient bientôt atteint, maigre d autres ^
obstacles*, à une prospérité qui aurait pu paraître
fabuleuse. I/Espagneetl’ Amérique, placées tou tes deux Sous des clmiafe fortunés, faisant un échange , continuel de lel^ richesses, iànfrnaturelles qu’industrielles n’auraient pu qu’accroître aussitôt leurs ressources à un très haut degré; mais bien loin de suivre ce|te politii^ue , le gouvernement , espagnol partagea les préjugés vulgaires sur les .Indtà; il n’y vit partout que des mines, des lin- gots, des matières d’or et d’argent; ces autres > riche.sses., plu^ sûtes, plus faciles, que. la terre offre à sa surface avec tant de prodigalité pour prix du travail et de la culture , ne fixèrent nul-
lement son attention ; il dédaigna les ressources ' . de cette niagicrenne qui a fc^ai^éla face des nations modernes en les Tendant éclairéos et heu- ^reuses^paf leur indusfriej.il ne parut p 3 s même ' soupçonner que la terré eût des trésors ailleurs que dans .ses. entrailles. L’abandon le plus complet et le plus blâmable de 1 agciculture.et de l’industrie, fut la suite de cette imprévoyance. Quant âu commerce des colonies il fut baSe aussi sur <les principes également erronés; à peine existai t-îl . une ombre de relations commerciales entre elles et là métropole, encore cés relations étaient-elles sujettes à dés inconvéhiens et à des entraves Tsans ' nombre. L’approvisionnement des possessions d’outre-mer se faisait au moyen d’odieiix. monopoles ,, avantageux seulement à quelques maisons • de commerce espagnoles et américaines. Séville, . et plus tard Cadix, furent lès. seules villes qui eurent la facilité de faire Hes env^ en Amérique. On levait ainsi un impôt aussi o*reux qu’injuste sur les habitans de ces contrées, en les obligeant à s’approvisionner au moyen de flottes et de bâr timens registres expédiés des ports de villes in-, diquées. Pour accroître la richesse, l’industrie, la papulation de la métrbpole et des colonies tout h la fois , il aurait sulR d’établir des rapports , commerciaux sur la base d’une liberté réciproque; mais cédant aux insinuations des hommes ayides ou intéressés , on^ ne laissa aborder en