‹ L'Espagne Sous les Rois de la Maison de BourbonChapitre 6 sur 113 · CHAPITRE II ADDITIONNEL · texte numérisé non relu

CHAPITRE II ADDITIONNEL

Mariage de l’infant don Louis. Charles III ne lui accorde pas la pennission de s’unir avec une priiia-sse du sang roval. Motifs de ce refus. L’jnfant épouse dona Maria Tet-esa de Vallabriga. ■

Charles était sincèrement attaclié à tons les ’ », n^enibres de sa famille ; mais son afl’ection ne commandait pas toujours sa politique. Ce qui se , passa au sujet du mariage de l'infant don I.K)uis, '

, son frère, le prouve bien évidemment. -

L’infant don Louis avait été nommé à l’administration de l’archevêché de Tolède et de Séville, i et ci’éé cardinal avec le titre de Sonia- Maria flella Scala, à l’àge de dix ans (en 1757); mais,

^ connaissant bien toute l’étendue des devoirs que la pureté de mœurs et la sainteté, propre de l’étal- • ecclésiastique, lui imposaient, la délicatesse de sa conscience le décida à se démettre de ces di- ' gnités en 1754. H est assez digne de remarque que Ferdinand VI, à qui le motif réel de cette démission de son frère ne pouvait être inconnu , ^ ait néiinmoins négligé de l’engager dims les liens du mariage , auquel il se sentait appelé par une vocation irrésistible. L’âge de l’infant était d’ailleurs des plus convenables ; il avait vingt-sept

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ans à l’époque où il quitta les dignités de l’Église.-' ,. On pourrait expliquer cette insouciance du monarque au sujet du bonheur de son frère par ' ^ l’influence que la cour de Naples exerçait d^à dans les conseik du roi Ferdinand relativement ■ aux affairés de famille. Tout porte à croire que Charles, voyant sa succession à la couronne d’Espagne très prochaine, et, peut-être, secondé d’ailleurs par la sagacité et la prévoyance de la reine douairière sa mère , ne négligea pas de faire agréer à son frère le principe poÜtique qu’il ^ ' suivit plus tard lui -même avec une aussi in-

flexible persévérance.

Quoi qu’U en soit , lore de l’avénement du * nouveau monarque en lySg, l’infant n’était pas ' encore marié. Charles montra pour lui, dès le ' moment même de son arrivée , une affection tout-à-fait fraternelle J il aimait beaucoup la société de l’infant , qui l’accompagnait souvent . dans ses promenades et dans ses amusemens :

mais, malgré ces témoignages d’intérêt et d’affection pour don Louis , Charles était , comme , on va le voir, très éloigné de songer à l’établir.

Les années s’écoulèrent : l’infant, dont on avait riiégligé d’assuyer le bonheur domestique , se ' trouva exposé, par l’ardeur de sa constitution, à de trop rudes épreuves auxquelles il succomba parfois. Scs faiblesses ayant été ébruitées , le , ' confesseur du roi crut convenable de lui en

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