‹ L'Espagne Sous les Rois de la Maison de BourbonChapitre 7 sur 113 · CHAPITRE II ADDITIONNEL · texte numérisé non relu

CHAPITRE II ADDITIONNEL

parler en lui adressant des conseils. Pour toute réponse à ses observations, l’infant demanda la permission de se marier avec la personne qu’il plairait à Sa Majesté de lui désigner. Il adressa au confesseur la lettre suivante.

Lettre de Vinfant don Louis au confesseur du roi , le père Été ta.

• Votre Seigneurie très illustre ( ’ ) doit se rappeler qu’étant venu dernièrement me parler au sujet de mes galanteries, je lui répondis que si on voulait y mettre un terme et tranquilliser en même temps ma conscience, il fallait me marier. Votre Seigneurie très illustre me fît observer qu’il fallait d’abord commencer par régler ma conduite, et qu’elle se chargerait de parler alors au roi mon frère, sur le vœu que je venais de former. Quelque temps après cet entretien, je vous envoyai mon confesseur en le chargeant de vous rappeler votre promesse. Maintenant je dois vous déclarer que le seul motif que j’eus dans le temps pour me démettre des évêchés fut la conviction intime où j’étais de n’être pas appelé à l’état ecclésiastique, et d’avoir au con-

(') Tilre donné aux archevêques, aux incmbres de la chambre de Castille , etc. Le père Éléta avait été nommé archevêque de Tlièbes , in pdrtihus infidelium.

(*) L’infant avait été administrateur des archevêchés de Tolède et de Séville.

Vl. ’ 3

CHARLES m.

traire des pen'chans peu compatibles avec les devoirs qu’il prescrit. Mon mariaf^e ayant été différé , je suis tombé dans des désordres que je déplore , surtout à cause du déplaisir qu’ils ont dû occasionner au roi mon frère : mais, pour éviter à l’avenir de semblables rechutes, et ne point m’exposer à faire de la peine au roi, ce qui, après l’offense faite à Dieu, est pour moi le plus vif de tous les chagrins , je ne vois pas d’autre moyen que mon mariage.

Votre Seigneurie très illustre étant chargée, en vertu de son ministère, de diriger l’esprit du roi , et cette affaire étant par sa nature une affaire de conscience, je vous déclare que la mienne ne pourra être rassurée que par les liens du mariagé. Toutefois le roi est libre de déterminer et k personne et le mode de contracter cette union % je vous assure qu’alors Sa Majesté n’aura pas lieu de se plaindre de moi. ''

Saint-Ildefonsr, i*-' octobre 1775.

El Infaivte don Luis.

Le mariage de l’infant dérangeait les vues que Charles s’était proposées de longue main : on fit ^ semblant de regarder cette demande comme l’effet d’une volonté passagère. L’affaire fut donc traînée en longueur; mais une nouvelle lettre de l’infant au confesseur, plus pressante

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