‹ L'Espagne Sous les Rois de la Maison de BourbonChapitre 65 sur 113 · CHAPITRE .IX ADDITIONNEL. l · texte numérisé non relu

CHAPITRE .IX ADDITIONNEL. l

que sont adressées ces paroles r Non erit in te Deus’ recens, neque adoraberis Deüm, alienum. Sans-doute elles fureht adressées aù. peuple' d’Israël, mais on piîut bien les appliquer à notre mère l’université. « Si tu veux me plaire » , dit le bon Dieu à l’université de Sahimanque ( la première parmiles écoles catholiques) «-non erit in té Deus recens , tu ne deviendras pas éprise de quelque nouveau génie, qui cherche à te séduire- par l’attrait de la" nouveauté; je suis ton Dieu qui te tirai de la terre d’Egypte, c’est-à-dire qui t’ai soutenu dans un grand nombre de persécutions; je veille toujours à ta conservation. »

Lorsque- le rapport de l’université fut présenté au Conseibde Castille, le fiscal fut loin de partager l’avis de ces docteurs. Il déclara que', n’ayant fait aucune réforme dans ces corps enseignans depuis leur fondation, 'ils étaient tombés dans la plus complète décadence, et qu’ainsi que la chose a eu lieu dans lès plus célèbres universités de l’Europe, qui n’ont rien perdu pour cela de leur splendeur, il fallait y essayer des réformes utile», Cependant, telles étaient la puisr san’ce et' la considération de l’université de Salamanque, que, malgré les judicieuses, réflexions du fiscal sur la nécessité dhine réforme, on'* fît bien .peti de changemens au plan présèiité par elle ; le fiscal se’ borna à des conseils sur la formation 'd’im comité de professeurs afin de

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déterminer quels livres élémentaires seraient adoptés pour renseignement , précéder à'iachat des bons ouvrages,' veiller à l’agrandissement de la bibliothèque, et à son libre accès au public tons les joui-s pendant quatre heures le maün , et •pendant trois heures dans l’après-midi. 11 finissait par recommander à l’université de faire écrire son histoire littéraire. Du reste, l’enseignemeht fut maintenu .sur le même pied. •

^ Il est juste d’avoder que toutes les universités n opposèrent pas une aussi vive résistance aux reformes que çelle de Salamanque;' soit que la célébrité et la considération de celle-ci la rendît , moins traitable dans son opposi>ion, soit qu’il existât réellçment-dans d’autres universités moins , préjugés ou nToins' de prédilection pqur les doctrines scolastiques. Les universités d’Alcalà , de Grenade, et surtout c^lle de Valence, se moni trerent assez disposées pour les réformes indiquées par le gouvei nemçnt : elles jproposaient de calquer leurs méthodes d’e’nseignement sur des principes ^ns analogues aux besoins réels de la • société politique; elles se prêtaient même de bon gre à faire enseigner là chimie, la boqmique, i histoire naturelle eflas mathématiques. Cependant, malgré les di.^ositions que manifestaient les univei-sités, elles continuèrent à être-régies et • influencées par des moines peu instruits, et le gouvernement n’osa, faire que des changemens par-

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tiels au plan d’étiides suivi jusqu aloi-s. Rod*a, et les hommes éclairés dont il était/ntouré > eurent la douleur de vdir’au milieu du mouvement géné- ■ ral qui avait lieu en dehors des corps enseignans , l’étrange phénomène de la funeste immobilité'deé universités I Le règne de Charles 111, si bienfai" sant sous tapt de rapports administratifs, s’écoula enfin sans corriger le^ vices que le temps y avait introduits. Jovellanos, qui dcrivif son Mémoire ■ lurle perfectionnement des lois u^mires , en 1 79 ^, disait, lorsqu’il émettait le vœ,u de voir multi- , plier partout les écoles de Connaissances utiles, comme le seul moyen d’encourager et de,per' fectionner l’agriculture : te Tant que les universités littéraires continueront à être ce qu)elles sont maintenant, et ce'qu’ elles ont toujours été; tant que la philosophie scolastique y dominera ,les -sciences exactes et naturelles ne pourront y prendre racine. Le but, le caractère, la méthode et l’esprit qui sont l’âme de cès sciences, diftèrent trop des- pritadpes de l’école, et sont même in- ^ com patines avec eux : ceci est une vérité confirmée par une triste et malheureuse ^expérience-. Peut-être ne serait-il pas impassible de" réunir les sciences intellectuelles avec celles qui -sont susf ceptibleç de démonstration ; peut-être celte heureuse alliance sera-t-elle un jour l’objet des soins que vous donnez, monseigneur, à la réforme de l’instruction; niais, pour atteindre ce but de nos i

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vœux les plus snrdens, il faudra renyei^r de fond en comble le système ét la forme de nds études^ »

Sciences mathématiques et physiques.

Hors l’enCeinte des universités, les sciences mathématiques 'et physiques étaient • cultivées aVec'ardeur. Les bornes de cet ouvrage ne nous permettent point d’exposer ITiistoire de chacune d’eUes en particulier. Nous nous* contenterons de pommer les hommes qui s’y sont distingués. . Quant auif mathématiques , on doit eiter le père Tosca, Bàik> I^ossetl,. professeurs au collège de Sain t-Isidore de Madrid ; don F rançqis Spuhira ,

^ professeur du collège des noblès ( ces deuxderniers'furent nommés per fe roi pour suivre la rivière des Amazones, et vérifter lès observations.faites j nsqu’alors) ; don Joseph Mazarredo, auteur de la tactique navale; Lasala, évéquç de Solsonne ; Qavijo , olBcier’ de marine , qui di- ' rigea les constructions du Ferrol ; doil Vlcente Doz, qiii rovint de la malheureuse expédition de la Californie, rapportant les observations, des' Français, auxquelles ilajouta les siennes; ToGno, .Valera, et enfin don. Antonio 'Ulloa, connu par. ses ouvrages de géographie, de mathématiques et d’astronomie-, -par l’observation de l’éolipse' du soleil -qui arriva le 24 juin 1 778, où il découvrit un' point. Inminçux dans la lune. Un ( nombre considérable d’écoles de mathépiatiques

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