CHAPITRE IX ADDITIONNEL
râbles de cette capitale. Forcé de le vendre pour satisfaire à ses engagemens, il en fit imprimer le catalogue, remarquable -par le nombre des articles curieux qu’il contenait, non''m oins que par la méthode avec laquelle on y éclaircit tout ce qui appartient aux trois règnes de la nature.
Depuis Ferdinand VI, le gouvernement était occupé du projet d’établir à Madrid un cabinet d’histoire naturelle, et l’on avait confié à M’. Bowles plusieurs articles qu’on réunissait chaque jour pour pai*venir à ce but; de plus, on le chargea de Ja direction du cabinet. Davila, qui avait eu connai^ncc de ce projet",, se présenta à Madrid,' et fit. savoir au roi qu’il serait bi*en aise de voir que les objets précieux d’histoire naturelle et d’art qu’il avait amassés avec tant de ' peine, restassent, en Espagne. Le roi agréa la proposition, et considérant que de grands avan-' tages de *aient s’ensuivre- d’avoir à Madrid un cabinetpublic d’histoire naturelle, où l’on trouverait réunies les curiosités de la nature et de l’art, il prit sons sa protection le cabinet de Davila, et ordonna qu’il serait ouvert au public. M. Davila en fut nommé directeur, avec 60,000 * réaux (i 5 , 000 francs) d’appointemens.
Au moyen du cabinet que DavilS transporta à Madrid , et des* objets qui avaient été con* fiés à Bowlès, fruit des soins du frère de'Da- ^ vila, san.s compter les envois que les vice-rois • i5‘
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et les gouverneurs des possesslops d outre-nier ont faits par ordre du gouvernement, en objets d’histoire naturelle , le cabinet public de Madrid est ud des plus riches de l’Europe, et le premier comme le plus complet dé tous ceux connus quant au règne minéral. • • ^ ;
I A médecine fit aussi des progrès remarqua^ blés.' Don Andrés Piquer et don Gaspar Casai ont produit uufc heureuse révolution en^substituant •aux anciens préjugés, à des pratiques erropées, la médecin* expérimenUde, (|ui se borne à, exécuter ce qui ^st indiqué par 4 a nature, dont elle cherche à réparer ou aider les forces- sans les fatiguer ni lés détruire. Piquer a publié les principaux ouvrages d’Hippocrate, enrichis de notes, et un cours de médecine à l’usage de l’uniVersité deYalence, cours que l’on suit égalen^ent dans celles de Séville ,k d’Huesca, etc. H donna ensuite sa Pratiqua médicale et son Traité des Fièvres. M.Barthès a fait une mention honorable de ce savant dans la Science de l' Homme, ainsi que M. Fouquet d&ns son Discours préliminaire , publié en 1772. ' ' •
Casai n’est pas aussi connu des étrangers ; mais son Histoire naturelle et médicale de. la • principauté^s Jsturies, publiée en 1762, renferme des observations fort utiles sur les maladies épidémiques en général,. et sur celles particulières à la'provincé de l’auteur. On. y admire
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son jugement solide, son étude profonde de la nature, la simplicité et la précision de son style.
Les esprits étant ainsi préparés par les bons ouvrages des étrangers, et mus par l’exemple des deux savans que je viens de nommer, les écrits se multiplièrent. IjC docteur Amar publia son Traité sur la petite vérole ; Rubio , V /irt de connaître les maladies par Vobservation méthodique et rexpérience; le docteur Barnadès, un Écrit s/îr les signes de la mort apparente ; don Antoine Biscobar, X.Histoire de toutes les maladies épidémiques, ouvrage qui ne laisse rien à désirer sur l’objet qu’il s’est proposé. ,
Ba redonne etSéville abondèrent en professeurs et en praticiens parfaits; la chirurgie y a fait des progrès; les colleges de Barcelonne, de Cadix et de Madrid (celui-ci établi en i >784), formèrent • d.’excellens sujets. Les bonnes études qui se font . dans ces villes, et dans plusieure autres de l’Espagne, sont accompagnées , et se fortifient par la fréquentation des hôpitaux , où les disciples,sè' perfectionnent à côté du lit du malade.
Une circonstance qui mérite d’être remarquée comme faisant honneur au gouvernement de Charles lll , c’est que la protection qu’il accordait aux sciences physiques et mathématiques, ne se bofnait pas à la Péninsule, mais qu’elles firent sous ses auspices de grands progrès 'dans les colonies d’Amérique.
ig6 Charles iii. .*
« Sur la fin du règne de Charles III-, dit M. le baron de Humboldt'dans son Essai sur la Nouvelle-Espagne, et pendant celui de Charles IV, l’étude des sciences naturelles a fait de grands progrès, non seulement au Mexique, mais en général d'ans toutes les colonies espagnoles. Aucun gouvernement européen n’a sacrifié des sommes plus considérables pour avancer la connaissance * des Végétaux, que le gouverrftment espagnol.
Trois expéditions botaniques, celles du Péfou et delà NouVelle-Espagne , dirigées parJVIM- Ruiz et Pavon , par don José Célestino Mutis et par MM 'Ses'sé et Mociiïo , ont coûté à l’Etat près de deux millions de francs. En outre , des jardins botaniques ont été établis à Manille et aux îles C^anaries; la commission destinée à lever les • plans du canal de Los Gaines fut aussi, chargée d’examiner les productions de l’ile de Cuba.
Toutes ces recherches faites pendant vingt ans dans les régions les plus fertiles du nouveau continent , n’ont pas seulement enrichi le domaine de la science de plus de quatre mille nouvelles espèces de plantes, elles ont aussi contribué beaucoup à répandre le goût de l’histoire naturelle parmi les habitans du pays. La ville de Mexico présente un jardin botanique très intéressant dans l’enceinte même du palais du vice-roi; le professeur Cervantes y fait annuellement des cours qui spnt très suivis : ce savant possède, ita-
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dependamme'nt de ses herbiers, une richecollec-^ tien de- minéraux mexicains. M. Mocino, que nous venons de nommer comme un des collaborateurs de M. Sessé, et qui a poussé ses'*exeufsions pénibles depuis le royaume de Guàti-' / • ,♦ mala jusqu’à la côte nord-ouest, ou jusqu à 1 île de VancouVer et Quadra; M. Echeverria , peintre de plantes et d’aniinaux, dont les travaux peuvent riv?iliseriav% ce que l’Europe a produit dè plus parfait dans c? genre, sont tous deux natifs de la Nouvelle-Espagne ; ils s’étaient élevés à un rang distingué parmi le? savans çt Içs artistes avant d’avoir quitté leur pays. -
« I^es principes de la nouvelle chimie, que l’on désigne dans les colonies espagnoles par le mot un peu équivoque de nouvelle philosophie, ^ .
JilôsoJ'ui, sont , plus répandus au Mexique que dans bien des parties de la Péninsule. Un Voya-^ geur européen serait surpris sans doute de rencontrer dans l’intérieur du .pays, ?ur les confins de. la Californie , de jeuçies Mexicains qui raison- /
nent sur la décomposition de l’eau dans le-pro- . .
cédé de l’arrtalgame à l’air libre. L’école des '
mines renferme un laboratoire de chimie, une collection géologique rangée d’apfès le système •. de Werner ; un cabinet de pl^ysique^dans lequel on trouve non seulement des in.strumens précieux de Ramçder, d’Adams, de Le Noir et de I-iOuis Berthoud, mais aussi des modèles exécutés '
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igft • CHARLES III. , ?
• dans ift capitale même, avec la plus grande précision et avec les. plus beaux bois du pays. C’est à iVTexico qu’a été imprimé le meilleur ouvrage minéralogique que jxissède la littérature espagnole, efle Mnnupl d’Ofyctognosie rédigé par M. Del Rio, 'd’après les principes de l’école de Fresberg, dans laquëlle l’auteur s’est formé; c’est egalement à Mexico qu’on a publié la première traduction Ijavbisier.
te l l’enseignement des matbéniatiques est moins soigné à l’univei’sité de Mexico qp’à l’école des mines, l^es élèves de çe> dernier étabïissement pénètrent plus ‘avant dans l’analyse : on les instruit dans le calciil intégral et différentiel.
« Trois homniQS distingués, Velâzquez, Gama ’ et Alzate , ont illustré leur patrie vers la^fin du dernier siècle. Tous les trois oiit lait un grand nombre d’observations astronomiques, .surtout sur les éclipses des satellitès de Jupiter. Le moins , savant d’entre eux fut Alzate,. et pourtant il contribua beîiucoup à* répandre parmi 'ses compat^otés l’élude des sciences physiques par la pûblication dé la Grftzette' de littérature , a^\ encouragea la .jeunesse à chercher à acquérir ces connaissances scientifiques. Il était oorrespondant
dé l’Académie des Sciences de Paris. ‘
(( Velatqùez est le géomètre le plus marquant que la IVOuvelle-Espagne ait possédé dej^uis l’é-
espagnole des E^n^s*de Chimie de
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