CHAPITRE II ADDITIONNEL. IQ
encore que la première, vint bientôt dissiper ces espérances et tromper ces calculs.
Deuxième lettre de l’infant don Louis au confesseur Éléta.
Très illustre seigneur ,
Votre Seigneurie très illustre n’a point oublié sans doute que, dans les premiers jours du mois d’octobre dernier, je lui fis, avec autant de naïveté que de franchise, l’aveu de mes faiblesses, par lesquelles j’avais eu le malheur de faire beaucoup de peine à celui que j’aime et révère comme mon frère, mon roi et mon maître, sans compter l’offense faite à Dieu : j’ajoutais que le seul moyen de parer à l’avenir à de semblables inconvéniens , serait mon mariage. Je dois supposer que Votre Seigneurie très illustre s’est entretenue de cette affaire avec le roi mon frère; et je me glais au.ssi à croire que Sa Majesté aura acquiescé à ma demande, en se rapportant entièrement à Votre Seigneurie très illustre pour cet objet dont dépend le salut de mon âme. Je complais déjà être marié pour la nouvelle année; et je ne puis que me plaindre, lorsque, après quatre mois écoulés, je n’ai reçu aucun avis sur les démarches qui ont pu être faites à ce sujet, ainsi que sur les personnes chargées de décider cette affaire de conscience, qui est digne, ce me semble , d’occuper l’attention , puisque mon esprit ne saurait jamais être tranquille , jusqu’à
ce que j’aie obtenu qu’on fasse droit à ma demande.
Que Votre Seigneurie très illustre veuille donc bien me dire, d’une manière explicite et positive, ce qu’on a fait pendant un laps de temps aussi conside'rable : c’est pour moi le seul moyen d’avoir quelque repos. Voilà déjà la nouvelle année commencée, époque à laquelle Votre Seigneurie très illustre m’avait annoncé que tout serait terminé. . *
Ije roi mon frère ne m’a donné aucun ordre relatif à cette affaire : il m’a dit seulement que, comme il s’agissait d’une affaire de conscience , je devais m’en entretenir avec Votre Seigneurie très illustre, ce qui rend encore plus étonnant le silence qu’elle garde avec moi, puisqu’on aurait dû en venir à des explications franches et positives. On n’aura pas l’intenÿon , du moins je le pense , de me faire souffrir de nouveau" I a honte de parler à mon frère sur ce qui a été laissé à la délibération de Votre Seigneurie très illustre. J’espère qu’elle s’occupera sans délai de > ’ cet objet si important pour mon salut. Ce sera la .seule manière de rassurer ma ^conscience , et de donner à mon esprit la consolation et le calme dont il a un si gi^^nd besoin. Je vous prie d’excuser la peine que je vous donne.
Pardo, janvier 1776.
El bFANTE DON LüIS,
A S. S. T. /. VarchevSque de Thèbei.