CHAPITRE IX AODITIONKEL
Campomane$est, seloumoi, le premier parmi les -hommes illustres de l’Espagne qui ont £ait
Son début , dans le monde littéraire , fut le travail sur » *• ' • ' l'ordre de chevalerie des Templiers , ou Résumé historique
sur ses principes , fondation , statuts , progrès et abolition par le concile de Tienne, avec un supplément renfermant la. règle de eet ordre et de ses privilèges , ainsi' qué plusieurs 'dissertations et notes relatives non seulement a [.ordre des Tetttrpliers, mais enoçre aux ordres de Saint-Jean , Theatonique , Saint - Jacques , Calatrava , Alcantara , Avis, Montesa , Christe , Monfrac et autres églises et monastères d’ Espagne', • suivies de différetis Catalogues de grands maître^. Madrid -,
Lors dé l’arrivée dé Ca^iri en Espagne, Campomancs s’adonna à l’étude de la langue arabe : il traduisit en espagnol quelques fragmens de l’ouvrage d’Ebec et le traité d’Avan sur la culture des terres. •
En 1755 , il publia l’ouvrage intitulé Ancienneté maritime de la république de Carthage , suivi du Périple de son général Jlannon, traduit du grec, et .enrichi de notes. Oaropomanes avait déjà en vue le projet qix’il réalisa plus tard d’écrire Y Histoire de la Marine espagnole ,. et il regarde ce travail comme pouvant Iqi servir d’introduction; l’his-. ' toire de l’ancienne marine espagnole se trouvant si intimement liée' à celle des Carlhaginois. Ce fiit à cet ouvrage sur le Périple tpxe Campomanes dut l’honneur d’étre nommé membre correspondant de l’Acadéiniê des Inscriptions «t Belles- Lettres de Paris, sans qu’il se fut fait aucune démarche de àa part. Bougainville , qui s’occupait aussi de l’ouvrage dU capitaine carthaginois , cite avec éloge le tra- ■ vail de notre savant espagnol. ' .
Nous avons* déjà fdit voir le zèle avec lequel Campo-
2i6 Charles hi.
le plus de bien à leur pays, par leurs écrits, dans le dix-huitième siècle. Je nommerai après lui le père Feyjoô et le ministre Jovellanos, dont le premier fit une heureuse et salutaire révolution dans les esprits par la publication de son Théâtre critique J et le second immortalisa son nom par un grand nombre d’écrits, tous plus ou moins
mânes dcfendtl rautorité et l’honnenr de la couronne , lors de l’imprudente et amère rèpréscnlation de l’évèqne de Cuença, Carvajal, au sujet de la prétendue persécution ■qu’éprouvait l’Église ( t. V, p. 67 ). Il écrivit aussi en union avec fon collè{fue Monino , lorsqu’ils étaient, tous les deux fiscales du cônseil , le célèbre Juicio irtiparcial sur les lettres sous forme de Bref publiées par la cour de Rome, contre le duc de Panne, écrit dont la doctrine et la fermeté terrifièrent l’inquisition et le parti ultramontain.
Gampomanes fut dénoncé au Saint-Office comma philosophe moderne anti-catholique. Les charges étaient nombreuses; mais elles ne prouvaient pas qu’il eût avancé aucune proposition hérétique. Elles tendaient seulement à faire croire que scs ouvrages respiraient évidemment un esprit opposé au christianisme : il fut invité à assister à Vautoda-fé de don Pahlo-d’Olavide , parce qu’on voulut l’avertir du sort qui l’attendait s’il professait les sentimens qii’oft lui avait imputés. Les inquisiteurs ne doutaient pas cju’ll nè fût l’ennemi du Saint-Offîcç, d’après la manière dont il s'était exprimé dans le Conseil de Castille, lorsqu’on y ^vait. délibéré sur les affaires de la compétence qui divisaient l'inquisition et les autres tribunaux; mais cette opposition, dit Llorente , n’était point un motif suffisant', et les inquisiteurs n^osèrent aller jdus loin. (')
{‘) Hist. de l'Inquis. d'Esp., t. Il, S'ii.