‹ L'Espagne Sous les Rois de la Maison de BourbonChapitre 77 sur 113 · CHAPITRE IX additionnel. ‘ fil · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX additionnel. ‘ fil

empreints d’une instruction immense et variée, et contenant tous des vues sages , en politi^ que , en économie et en littérature. La reconnaissance nationale devrait élever des monuinens enj’honneur de ces trois illustres Espagnols, afin' de transmettre aux générations futures le souvenir glorieux de leurs talens et des services signalés qu’ils rendirent à la patrie; 11 serait digne d’un gouvernement éclairé d’ac-' quitter pour sa paft la dette de la reconnaissance publique pour des hommes aussi distingués , et d’ofl'rir par là un sujet de noble émulation à la portion privilégiée des Espagnols que la nature a doués de talens .et d’amour de leur pays,' en les encourageant par. d’aussi flatteurs .témoignages’à les mériter un jour. .

. y Bclles^Lettres.

La critique littéraire du.père-Feyjoô; la Pttétir que, de Lûzan; les travaux des Académies royales de la limgue et d’histoire, séantes à Madnd; les savans écrits de Bayer, Mayans et don Juan d’irria'rte; la réimpreæion des meilleurs poètes -et prosateurs .castillans .du ‘dix-huîtièn»e • siècle; la .. lectu re enfin ,*• des ouvrages -classiques des anciens auteurs grecs et romains , toutes ces dL verses causes réunies firent luire' sur l'horizon espagnol les beaux qours de la reftaissancç des lettres sous Charles, 111. La poésie et l’éloquence, ‘

3ld ' . CHARLES llf.

après s’être long-temps égarées, rentrèrent enfin dans les voies qu’elles n’auraient jamais dû abandonner. Aux hyperboles ampoulées, aux fades concetti , aux jeux de mots qui dégradaient la langue et dépravaient le goût, on vit succéder la simplicité élégante, le naturel, la vraisemblance et la noble énergie propre à chaque genre littéraire. Cet heureux résultat était dû aussi en partie à l’influence de la belle littérature du siècle de Louis XIV, sur l’esprit des*Espagnols , parmi lesquels la langue française s’était assez généralement répandue par suite des rapports intimes étabUs entre les deux peuples après l’avénement de la dynastie des Bourbons.

A entendre quelques critiques nationaux et étrangers, l’action de cette bttérature a été très funeste au génie des muses castillanes. Le poète espagnol LaHuerta déclara une guerre ouverte à ceux de ses compatriotes qui se reconnaissaient redevables des progrès et de la réforme de leur littérature aux chefs-d’œuvre de Boileau , Corneille, Racine, Molière et Fénelon. 11 les stigmatisa du nom de Transpirenaicos. Dans son admiration passionnée pour le théâtre national, non seulement il injuria les djeux du Parnasse français avec la plus grande irrévérence , mais il poussa l’aveuglement et l’injustice jusqu’à vouloir ravaler même le mérite de l’auteur favori des muses espagnoles. Comme on lui opposait

Page 1