CHAPITRE IX AIH>IT10N^EL
sens commun, Moratin Ht voir en même temps
que le poète dramatique n'a point cette seule
mission à remplir, et -qu’il a' reçu de plus celle
de coopérer par des ' compositions badines
et légères en apparence , au grand but d’éclairer
les hommes et les rendre meilleurs ; que c’est à
une pensée morale, à un principe que l’on doit
rattacher la fable, et tout l’artifice des, ouvrages’
dramatiques. ‘
É/oquence sacrêè.
L’éloquenCe fit non *Qioins' de -progrès que la poésie. Celle dé la chaire surtout, que nous avons vue avilie, dégradée par des images et omemeiv gfotesques , tbut-à-fait indignes de sou aàguste origine et de son caractère sacré, reprit sa noblesse et 'sa dignité primitives'. Des prélats éclairés offraient dans leurs sermons des modèles d’une ^Oquençe évangélique,' tour a tou^ simple êt subHme, selon la nature des .véritéa qu’elle vçnr- ' lait enseignèr^ ou des sentimens qu’efie cherchait ' à' faire' naître. L’évêque de BarcelonnC, CUment ; l’aumônier du roi, Tavira, aussi distingué par son - savoir que par Sa vertu, et d’aUtres ministres de la religion, parlaient du haut de la chaire un ladgage digne d’elle. La révolntion qui avait été opérée' dans presque toutes les branches de la littéra^Qre ,
^ était aisée à remarquer aussi dans l’éloquénce saèrée.’lMalgré le mauvais* système de l’enseigne-
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ment par les sciences ecclésiastiques , suivi dans ^ les universités, la théologie scolastique, perdait chaque jour de son ancienne considération. Désertant les subtilités et les questions inutiles, pin- , sieurs esprits avaient porté leur attention vers les véritables sources des connaissances nécessaires à l’enseignement 'et à la défense de l’Évangile. La lecture frequente de la bible et'des ouvrages des Pères de 4’Église remplaçait le jargon de l’école.
Ouvragés périodiques' littéraires.
. La protection aôcordée aux lettres par le gouvernement de Charles III, donna lieu à la publi- • 'Cation. des recueils périodiques, rédigés par des hommes éclairés, dans lesquels on se livrait à des .discussions'importantes sur ta morale, la légistlatiOn, le théâtre,' l’économie. Le catalogue de ces 'sortes d’ ouvrages, publiés soit à Madrid^ soit' dans les,proVinces , est nombreux. On peut •le lire ààns ,\si bibliothèque de,M. de Sempere; nous ne parlerons que de..ceux qui se firent le" plus remarquer par le talent de leurs rédacteuï's, • ou par le succès de leurs discussions. - ' • .
■ , -El Pensculor(\e Penseur) parut en j y.ô-i , sous le fafttx nom de Alvarez de Valladares; quelque temps,après Ses numéros portèrent le nom de ^n véritable auteur^ Clayijor y Fajardo. L’ouvrage entier conipreud quatre-vingt-sijc Pensées. On y frondait , avec une critique badine et lé^re, les