CHAPITRE IX‘ AUDITIONNE
pliaute, marchant tête levée et immolant tout à .ses sanglantes fureurs ; l’agriculture , ' l’industrie et le commerce plongés dans la plus déplorable décadence; les Espagnols ne conservant que le vain orgueil et le souvenir stérile de leur gi'andeur et de leur^ civilisation pas.sée , mais courbés néanmoins sous un despotisme ignare et stupide ; tel était le triste spectacle que présentait la monarchie Castillane dans les derniers jours du faible Charles II} ^
Là scène s’offre sous un aspect bien différent sur la fin du règne de Charles III. Ce Vnéme peuple, que l’avénement des princes de la Raison de Bourbon avait trouvé affaibli , dégradé et malheureux, se Voit replacé avec honneur dans le rang quMl mérite d’occuper parmi les nations de l’Europe. Une^rmée de plus de cent mille liommes, une marine, telle que l’Espagne n’en avait jamais eii, même à l’époque de l’irmucible Armada , comptant soixante-dix vaisseaux dé haut bord et un nombre proportionné d’autres bàtimens inférieurs; la monarchie ^ quoiqu’ayant été imprudemment engagée dans des guerres qui ponvaient compromettre ses vastes possessions d’outre-mer, con.servant néanmoins, par un heuVeux hasard , toute son intégrité après la paix de 1 785 ; le' souverain jouissant de la plus haute considération personnelle auptès desrois de l’Europe, par ses vertus, son âgé et sa'
CHARLES lit.
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probité, devenu l’arbitre 'de deurs difTérénds; les finances dans ùn état assez prospère, fournissant de puissans moyens pour améliorer toutes les, branches de l’administration intérieure du royaume; plusieurs des entraves qui gênaient l’agriculture, l’industrie et Ije commerce, abolies ; ' d’utiles réformes projetées; l’autorité civile affranchie en partie de l’intervention du pouvoir ecclésiastique; 'les privilèges de là couv de Rome singulièrement modifiés, et les prérogatives du pou- ‘voir royal clairement définies et arrêtées; l’iiiquisitionj na'guère si ati'oce, souple maintenant, crairÿive même devant le pouvoir de la cou- - fonne; les sciences et les lettres en honneur, rappelant les beaux jours de la littérature natio- ' naledu seizième siècle, et offrant, dans quelques uns des ouvrages qu’elle en%itaii, un goût exquis, Une perfection singulière à laquelle la plupart des auteurs anciens n’avaient jamais pu at- ' teindre,; les arts ‘ encoyragés par la protection d’un gouvernement assez éclairé pour en sentir le prix; enfin, une perspective de puissance, dte paix et de bonheur pour les peuples, de la Péninsule , à l’ombre d’un pouvoir paternel et tutélaire; tel était l’état florissant de l’Espagne en 178g.
-, En çignalant un aussi prodigieux changement >de fortune opéré en faveur de la nation espa>gnole, nous avons eu soin d’indiquer avec détail.