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Opérations de guerre en Europe et en Amérique

En conséquence, aussitôt qu’on s’aperçut que l’Angleterre non seulement rejetait les plans de pacification proposés par Votre Majesté, mais que pendant la négociation elle avait donné des ordres, par le canal de la Compagnie des Indes- Orientales, d’envahir les îles Philippines, et qu’elle ' avait conçu le dessein de pénétrer par le Rio-San- ‘

Juan jusqu’au grand lac de Nicaragua, et de dé- *■ truite les établissemens que nous avons là. Votre Majesté se crut autorisée à commencer les hostilités avec une incontestable supériorité. Votre Majesté réalisa en temps utile la jonction de trentesix vaisseaux de ligne avec une escadre française

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(le Irente, pour attaquer l’Angleterre, et commença le blocus de Gibraltar : vos forces attaquèrent aussi Pensacola et Mobile, le fort Malècbes et Bâton rouge , pour rétablir la domination espagnole dans la Floride. On balaya la côte de Campêcbe, la baie de Honduras et la côte de Mosquitos , et on chassa les Anglais de ces vastes établissemens qu’ils avaient formés sur le continent. J’ai éu l’honneur de proposer à Voire Majesté toutes ces entreprises, ainsi que l’occupation de Minorque : presque toutes réussirent. Si le siège de Gibraltar et le débarquement en Angleterre ne furent pas suivis de résultats aussi heureux, on doit l’attribuer à des causes que Votre Majesté voudra bien me permettre de lui rappeler, en supprimant une partie du récit qui ne sei’virait qu’à exciter des regrets aujourd’hui sans remède.

L’union des escadres combinées d’Espagne et de France jurait dû avoir lieu dans le commencement de juin ; mais les vents contraires ne permirent pas à notre escadre de quitter Cadix avant la fin de ce mois. Conséquemment la jonction n’eut lieu que vers la fin de juillet, au cap Finistère^ où les vaisseaux français avaient longtemps attendu ; les opérations dans le canal d’Angleterre durent nécessairement être différées jusqu’au mois d’août. 11 restait fort peu de temps pour ces opérations, la saison de l’automne étant

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si rapprucliée. Notre escadre eût pu lacilenient^ être en mer dans le mois d’avril , et c’était mon avis, parce que si la rupture avait lieu nous étions à même d’agir immédiatement ; nous avions pour cela un motif fort juste : c’était de protéger notre flotte, qui était attendue d’Amérique ; mais crai- . gnant que la sortie de l’escadre n’excitât les soupçons de l’Angleterre, et qu’elle ne précipitât la guerre. Votre Majesté, dont le cœur humain et généreux voulait éviter les hostilités à quelque prix que ce fût , préférait de laisser son escadre dans le port. Cette opinion prévalut, et l’escadre ne sortit point.

Lpi-squ’enlin les escadres combinées entrèrent dans le canal au commencement d’août, le cabinet français forma la résolution d’attaquer l’escadre anglaise , ou de la bloquer dans scs ports * avant d’embarquer, pour la descente, les troupes qui se trouvaient prêtes sur trois points diflërens de la côtç. Votre Majesté essaya de combattre cedessein en démontrant, évidemment selon moi, que le plan serait manqué si on le suivait. Les|l escadres combinées se composaient de soixantequinze vaisseaux de ligne efl'ectifs, devant lesquels les Anglais, qui n’en avaient environ que trente, n'osèrent ni ne pouvaient se mesurer. Il était peu raisonnable d’espérer qu’on pût attaquer avec succès les forces anglaises dans le canal, où ils avaient tant de ports et tant de ressource^ Il était

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également peu vraisemblable de réussir à former un blocus permanent dans ces mers étroites, où les vents sont continuels et irrésistibles, surtout à l’approche de l’automne. En effet, la seule fois que l’omdécouvrit l’escadre anglaise, elle se sauva a toutes voiles sans éprouver d’autre perte que celle de F Ardent, qui fut pris grâce à la vitesse et aux manœuvres hardies de deux frégates.

Nous avions proposé que les escadres combinées prissent sous leur escorte les convois des troupes pour la descente, qu’elles auraient fait fdébarquer en quelques heures en Angleterre, sur les points d’attaque convelius d’avance, sans que l’escadre anglaise pùt s’y opposer, o,u du nfoins sans qu’elle fût forcée de combattre avec une grande infériorité, ce qui l’aurait exposée à * une défaite générale, et par conséquent obligée de laisser à découvert ses ports et ses côtes. Le malheur voulut que ce plan ne fût point adopté, - que l’automne approchât avec ses tempêtes , que les escadres combinées fussent forcées de se retiiÿrer à Brest, et qu’une maladie épidémique se manifestât parmi les équipages , par suite de laquelle le nombre des malades montait à douze mille dans l’escadre française, et à trois mille dans la nôtre. Iæ propreté et les soins observés dans les vaisseaux espagnols, quoique plus nombreux que les vaissèaux français , affaiblirent les progrès de la mairie dans les proportions que je viens de

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rapporter. 11 fallut, par suite de celle calamité, désarmer les vaisseaux français, afin de guérir les équipages , purifier les bâtiraens et arrêter la contagion. Ainsi, nous nous trouvâmes dans la nécessité d’abandonner pour cet hiver-là le projet d’attaquer l’Angleterre dans son ile^

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