E inhellisseinens de la capitale et d’autres villes
Des sommes très considérables ont été remises par moi pour le pavage et la réparation des rues de Madrid. Elles étaient dans l’état le plus déplorable faute de fonds pour les- entretenir. Les barrières spacieuses et magnifiques, les routes , les promenades de la grande porte d’Alcala, du pont de Ségovie, d’Atocha du côté de Ballecas, les communications entre ces barrières et celles de Tolède, ont été faites, au .grand avantage de la capitale , avec des fonds que Votre Majesté m’a ordonné d’employer à ces travaux. Le lavoir couvert (*) que l’on construit à présent pour les pauvres femmes qui ont tant à souffrir de l’intem-
(') Pour se faire une idée de l’avantage de cette espèce de construction publique, il suffira de remarquer que dans la plupart des pays de l’Europe , les femmes blanchissent le linge sur le bord des rivières , exposées à tontes les intempéries des saisons. J’ai vu à Saint-Pétersbourg , avec un pénible étonnement, plusieurs femmes occupées'dans la saison la plus rigoureuse à laver sur la Néva ou sur les canaux. Elles font des trous à travers la glace à l’aide d’une petite hache, plongent leur linge dans l’eau, les mains nues, et le battent ensuite avec des bâtons unis. L’eau gelait de nouveau pendant cette opération, et elles étaient sans cesse occupées à la remuer. Plusieurs d’entre elles passaient deux heures sans interruption à cette besogne , lorsc^c le thermomètre était à dix-huit degrés au-dessous de zéro*; ce qui prouve combien l’homme peut supporter la rigueur du froid.
pcric des saisons, peut en contenir déjà cinq cents. Je ne parlerai plus "à Votre Majesté des magnifiques établissemens du jardin botanique et du palais des scien.ces, qui sont les ornemenset les délices de cette capitale. ■*
Votre Majesté a fait donner à la ville de Tolède des sommes très considérables pour améliorer l’état de ses rues , de ses barrières , de ses routes et de ses promenades. La municipalité a fait faire de belles terrasses , a réparé les anciennes murailles, et placé des statues que Votre Majesté lui a offertes. Il en a été de même à Burgos. Votre Majesté a fait don à celte ville des statues des rois les plus célèbres de Castille, en payant les frais de leur transport et de leur érection. On a construit à Saragosse des' parapets. 11 y existe maintenant une belle promenade pour préserver à l’avenir la ville du débordement des eaux.
La ville deMalaga a été mise à l’abri des inondations, au moyen d’ouvrages construits sur la rivière de Guadalmedina. Le port a été nettoyé : on a pris des précautions pour le conserver toujours dans le même état. On y a ajouté des maisons, des promenades et des embellissemens , sans conipter le fameux aquéduc et les roules d’Anlequera et de Velêz dont j’ai déjà parlé. Les deux frères, les marquis de Sonora et don Michel de Galvez, en leur qualité de citoyens de Malaga,
ADHIMSTBATION
ont travaillé avec un zèle incroyable et une singulière activité à avancer ces ouvrages , à trouver les moyens de les exécuter , et à encourager l’industrie , le commerce et l’agriculture.
Par les soins du comte de l’Asalto, et avec la protection de Votre Majesté, on a fait à Barcelonne plusieurs travaux pppr embellir et élargir ses rues et augmenter sa population. Pareille chose est arrivée à Pampelune avec l’aide et le patriotisme de ses habi tans; ainsi qu’à Ségovie par le zèle de l’évêque et de la société économique, mais surtout grâce aux secours considérables que Votre Majesté a daigné leur accorder.
On a construit à Murcie des quais très coûteux pour préserver la ville des inondations auxquelles elle avait toujours été exposée jusqu’à présent. C’estau moyen des secoursenvoyés par Votre Majesté, que plusieurs travaux non moins essentiels que magnifiques ont été entrepris sur la rivière qui l’arrose; ses rues ont été pavées, élargies, et pourvues de toutes les commodités dont elles manquaient auparavant. Valladolid, Palencia, Toro, Zamora, Séville, et autres villes moins considérables, ont été embellies. Il s’agit en ce moment même de leur fournir des secours encore plus grands pour d’autres ouvrages d’une utilité reconnue, auxquels le commerce, l’industrie et l’agriculture sont intéressés.
Pour ne point fatiguer davantage l’attention
DE FLOBIDA-6LANCA. SGy
de Votre Majesté sur ces matières , je vais rappeler maintenant d’autres grands objets d’utilité publique qui ont occupé l’attention de Votre Majesté pendant mon ministère , en faisant grâce toutefois d’un grand nombre qui exigeraient des volumess’il fallait leur donner du développement.
a6. Création de la banque de Saint-Charles.
L’établissement de la banque nationale est une .de ces immortelles entreprises, qui, en dépit des attaques qu’elle a éprouvées par la jalousie ou l’intérêt des ennemis secrets de l’État , tant nationaux qu’étrangers, sera, dans les âges à venir, un monument éternel de la gloire de Vptre Majesté. Permettez-moi, Sire, par un effet de votre incomparable bonté, de vous informer qu’il est à ma connaissance que plusieurs personnes manquant de lumières, ont cherché à affaiblir dans votre esprit les avantages de la banque , et qu’elles n’ont épargné pour la déprimer , ni les bruits ni les insinuations aussi mal conçues que mal dirigées. J’aime Votre Majesté et son service, j’aime ma patrie, et je crois de mon devoir de donner ici une libre carrière à mon zèle et à mon amour sur ces matières qui intéressent si essentiellement l’honneuitde Votre Majesté, et le bienêtre du pays. 11 faut pour cela entrer dans quelques détails , et rapporter les faits tels qu’ils se sont passés.
ADMINISTRATION
Les dépenses énormes dont nous nous trouvions menacés par la dernière guerre, nous mirent dans le cas d’aviser aux moyens d’y pourvoir, les revenus de la couronne étant à peine suffisans pour le service ordinaire. La nécessité nous força donc à nous procurer des sommes considérables au moyen d’emprunts faits à un taux modéré. Le ministre des finances jugea convenable, à cet effet, de se servir de la compagnie de cinq gremic^ majores de Madrid. Eiî. 1779, époque du commencement de la guerre, don Manuel de Banos et don Isidoro de Castilla étaient sur le point de terminer leurs fonctions de députés des gremios. Par suite de la confiance dont le ministre des finances , don Miguel Muzquiz, voulait m’honorer, et de celle que ces messieurs lui inspiraient également, il m’invita, par ordre de Votre Majesté, à déterminer les gremios à proroger les fonctions desdits députés, avec qui une négociation avait déjà été, entamée pour un emprunt de soixante millions de piastres divisés en six versemens de dix millions chacun.
J’eus en effet une conférence avec six commissaires des gremios et les deux députés, et ayant consenti à la prorogation et à l'emprunt , ils commencèrent leurs versemens. Mais parvenus au quatrième , ils s’aperçurent qu’ils ne pourraient faire les autres versemens sans préjudicier aux
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besoins de leur commerce et aux autres obligations de leur socie'té. Ils me demandèrent donc des lettres pressantes de recommandation pour Gênes et lâ Hollande, afin de se procurer les sommes qui leur manquaient. Je leur donnai en effet ces lettres telles qu’ils les désiraient, mais ils n’eurent pas assez de crédit parmi les Hollandais et les Génois pour obtenir les emprunts proposés. Ils ne purent en conséquence, faute de fonds, faire le versement échéant de lo millions de piastres.
Il fallut donc aviser à d’autres moyens : celui qui parut le meilleur et le plus expéditif, fut d’acce^er les lo millions de piastres offerts par quelques maisons tant nationales qu’étrangères, remboursables par des valeurs nommées vales, portant quatre pour cent d’intérêt. Ces vales devaient avoir 1 q même cours que l’argent, à quelques règles et exceptions prè^. Les principales étaient le prêt, les salaires et les récompenses des soldats, ainsi que les ventes en détail; paiemens qui devaient être faits en argent effectif. Les premiers vales de six cents piastres ne pouvant point être aisément employés dans de petits paiemens, ét la nation ne comprenant pas encore^que la rareté de l’argent peut être entièrement suppléée par le papier. Votre Majesté prit le parti d’adopter lesdites exceptions. • ^
Il y eut à ce sujet, comme à l’égard de toutes les opérations d’un gouvernèinent actif, cette