LA MESSE AU CAMP DES CATALANS
avaient le don de percer dans l'avenir. Des femmes, des enfans, étaient groupés sur des rochers dans des massifs de lièges peu élevés j devant nous se faisait entendre une musique militaire, et derrière s'élevait la fumée des feux de la nuit : l'aspect sauvage de ce lieu et le contraste des # cérémonies de la religion avec le désordre d'un bivouac, formaient un coup-d'œil piquant.
Mais si l'on venait à observer le silence et l'immobilité des Espagnols, si l'on venait à penser que le Dieu des armées était imploré pour le triomphe de son culte , en face des feux ennemis qui se dessinaient sur l'horizon , que rien n'interceptait la prière ni le regard vers le trône de l'Éternel , alors il se passait dans l'âme des choses telles, qu'il est impossible de les décrire. Jamais aucune fête religieuse ne produisit dans nos églises une émotion plus vive sur nous tous , que cette messe célébrée au camp des Catalans.