CHAPITRE XXVIII
Haxcdonnc.
Dans les premiers jours de 1 835, j'allai à Madrid par Barcelonne et Valence, curieux d'observer les changemens que dix années de paix avaient dû amener dans ce beau royaume , qui serait si riche et si puissant, s'il ne subissait les conséquences des temps de troubles dans lesquels nous
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vivons ; si , dégagés d'inquiétudes, de soucis, un roi ferme et des ministres habiles, occupés des améliorations à introduire dans les diverses branches d'économie politique , pouvaient porter une attention constante au bien-être du pays.
La paix avait produit déjà d'immenses résultats. La tranquillité régnait dans toutes les provinces. Les deniers rentraient dans le trésor public sans difficulté; les revenusde l'État étaient peu considérables , mais suffisaient aux dépenses, et le peuple n'était point foulé par l'impôt. Le commerce avec la France avait repris une nouvelle vigueur. Une armée peu nombreuse, mais fort belle , s'était formée , et suffisait pour occuper toutes les places fortes et maintenir en temps ordinaire les populations belliqueuses et inquiètes du nord de l'Espagne. Le gouvernement encourageait l'industrie; il y avait progrès et amélioration sensibles.
Plusieurs usines s'étaient créées dans la vallée de Beselu , sur le chemin qui mène de Tolosa a
BARCELONNE. « a5g
Pampelune. La manufacture d'armes d'Ibarra dans le Guipuzcoa avait repris une activité inaccoutumée. Les mines de cuivre de la Navarre , celles de fer si riches du pays d'Alava , étaient exploitées par des compagnies pourvues de nombreux capitaux. Le gouvernement favorisait les progrès de l'industrie. Un immense couvent des environs de Madrid fut concédé à M. Dolfus de
Mulhausen, pour y fabriquer des toiles peintes. On accorda à cet honorable industriel l'entrée sans droits de quarante mille pièces de coton. Des ouvriers espagnols travaillant avec les Alsaciens apprenaient un art jusque-la inconnu dans la Péninsule , et étaient destinés à le répandre dans les provinces. Malgré la guerre de la constitution et l'occupation , l'Espagne cicatrisait des plaies profondes.
Quelques villes s'étaient singulièrement embellies. Vittoria avait vu s'élever des maisons de la plus jolie apparence, autour d'une place nouvellement bâtie. Un quartier neuf se terminait. La Florida s'était encore agrandie. Burgos avait
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