M ARIE— CHRISTINE
cette épreuve terrible pour une femme qui n'est point Espagnole. Elle ne pâlit point en voyant couler le sang; au contraire, elle donna des marques non équivoques de satisfaction , agita son mouchoir, et partagea Y ivresse générale lorsque le matador mérita des applaudissemens. Le peuple de Madrid la compara a la Sajona (la Saxonne), • qui jamais n'avait assisté sans se troubler à un pareil spectacle, et le peuple cria : Viva la reyna !
Plusieurs fois elle se promena au Prado , vêtue du costume simple et élégant des Àndalouses.^ Voyons, dit le peuple, comme elle porte la mantille et la basquine ? Au bras du roi , Marie- Christine parut la plus jolie femme du Prado et du Paseo de las Delicias , et le peuple dit : La reine est la plus gracieuse et la plus jolie de toutes les femmes du royaume d'Espagne! Et le peuple aVait raison, car Marie - Christine , bien que d'une taille ordinaire, a une tournure remarquablement distinguée, la tête bien attachée , des yeux noirs remplis d'expression , un