CHAPITRE VIII
Ôlûttcû. *
Un mois après son arrivée à Madrid , Maurice était éperdûment amoureux de Blanca. Il la voyait tous les jours, autant qu'il le pouvait; il se reprochait parfois d'être indiscret dans ses visites assidues; mais il ne laissait néanmoins jamais échapper une occasion de la voir. Il avait lu dans cette âme ardente , mais pure ; il s'enivrait chaque jour de ces conversations dans lesquelles Blanca déployait tant de charme et d'esprit : ils parlaient ensemble de l'Italie , de Rome, de Florence, de cette ville, patrie des arts, se-
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jour enchanteur, où Blanca avait passé huit années. Le comte de ***, oncle de Maurice, ministre à Florence , avait reçu souvent à l'ambassade M. de Casamavor : c'était un point de contact entre eux , sur lequel tombait souvent la conversation.
Une intimité extrême s'établit entre les trois habitans de la calle Hortoleza. Il avait été décidé que le régiment de Maurice tiendrait garnison à Madrid jusqu'à la fin de la campagne. Madame
de Salzedo trouvait plaisir dans les fréquentes
visites de Maurice, et le regardait comme un appui dans ces temps de troubles , où aucune question n'était encore résolue pour aucun parti. Blanca n'assistait point aux fêtes qui furent données à Madrid : elle s'abstenait même de paraître dans les lieux publics ; mais , plusieurs fois , ces deux dames consentirent à servir de guides à Maurice, pour lui montrer ce que Madrid offre de remarquable; et c'est avec eux que nous parcourrons la capitale du royaume d'Espagne.